
Laura Veirs, c’est à 36 ans sept albums folk pour une discographie boisée et sans faute de goût. Le dernier posé sur l’étagère s’intitule ‘July Flame’ et confirme sans grande surprise que l’américaine est devenue une référence féminine dans son registre. Bien que rattrapée encore assez souvent par son fantôme d’élève trop appliquée, elle, son petit monde et sa voix rafraîchissante poursuivent sans peine une carrière entamée il y a onze ans et qui restera en 2010 encore, irréprochable.

De plus que d’autres chanteuses folk, Laura Veirs possède avant toute chose une voix remarquable entre mille, pour son intensité et sa justesse d’une part, mais surtout pour ce qu’elle évoque. Quelque soit le disque, l’américaine nous emmène toujours écouter ses chansons dans des espaces où l’air est frais, éloignés des fumées et sensations étouffantes de la vie citadine. C’est encore une fois le cas ses avec treize jolies mélodies artisanales dispersées au creux d’un opus folk trimballé entre météorites, lacs et forêts luxuriantes. Ses inspirations, ses influences, Laura Veirs part les chercher dans ce que la nature a à lui offrir, et pas ailleurs. Survolant une volée de beats monotones, des riffs de guitare placés sur un fil de soie paradent dans une première foire étoilée où violons comme voix courent après la liberté (« July Flame »). Résolument efficace, on regrette un peu qu’un cri du cœur aussi tubesque se retrouve si seul dans une marée de chansons bien plus contemplatives. Maintenant, à la vision de la diversité des arrangements proposés, la déception demeure bien éphémère.
Un peu à la manière d’Emily Loizeau, les compositions de l’originaire du colorado s’apparentent bien souvent à des poèmes bucoliques, très vite sublimés par le travail d’orfèvbre des musiciens. La richesse de sons dont est pourvu l’opus impressionne et permet de construire des ambiances originales et complètement opposées. Le charme Laura Veirs opère le plus souvent sans rencontrer de résistance, sous les mélodies ensoleillées de pop-songs 70′s (« Sun Is King », « Summer Is The Champion »), au creux de comptines folk entêtantes à souhait (« Wide-Eyed Legless », « Silo Song », « Life Is Good Blues », « Carol Kaye », « Where Are You Driving »). Succès également pour une jolie ballade en apesanteur sous la lune, piano sombre et riffs assourdissants à l’appui (« Little Deschutes »). En revanche, l’artiste fait moins forte impression lorsqu’elle s’aventure de nouveau dans ses mélodies champêtres aux tempo exagérément lents. Aussi bon soient-ils, difficile de se laisser éblouir après six albums – malgré des refrains globalement imparables – devant ses compositions pastorales, qui auraient mérité moins de violons gratuits et un peu plus de folie. (« Make Something Good », « Sleeper In The Valley », « I Can See Your Tracks », « When You Give Your Heart »).
Après avoir fait le maximum pour nous attirer dans sa tanière musicale séduisante et hors du temps, on ne peut que regretter une retombée un peu classique qui nous ramène un peu vite à la dure réalité. Mais enfin qu’importe, le résultat est toujours le même. A chaque fois qu’un de ses disques termine de s’écouler dans nos oreilles, la raison finirait presque par succomber au désir fou de tout plaquer pour terminer paisiblement ses jours au milieu des sapins et des châtaignes à chantonner avec cette Laura Veirs, dont le travail, associé à une simplicité et humilité évidente, payent à chaque fois.
Sortie: 11/01/2010
Autres chroniques: Contact Music – Snob’s Music – Indie Pop Rock

6 commentaires
ben tu perds pas de temps toi ! deja en plien dans les disques de 2010 ! Et la trêve des confiseurs alors ??
6,5/10 pour moi, j’allais écrire dessus mais t’as déjà dit l’essentiel. Je m’abstiendrai donc
sage en effet, mais un de ses meilleurs albums certainement, et probablement le meilleur pour certains de ses fans
l’année débute bien, même si on verra dans quelques mois si ce disque tient la distance.
Moi je le trouve vraiment très beau ce July Flame! Mais bon, mon avis est influencé comme j’ai eu le plaisir de recontrer laura Veirs pour un interview pour mon webzine, n’hésitez pas à aller lire ça!
http://starsareunderground.free.fr/html/interviews/lauraveirs.html
Aarf, « une carrière entamée il y a onze ans et qui restera en 2010 encore, irréprochable » : que d’indulgence… Si The Triumphs… & Carbon Glacier l’étaient, irréprochables, quel ennui par contre et quelle déception surtout à l’écoute de Year of Meteors et plus encore de Saltbreakers. July Flame semble donc être une bonne nouvelle (+1 d’ailleurs avec arbobo ci-dessus sur la tenue du disque dans le temps) puisque Laura Veirs a montré à quel point elle pouvait être précieuse et attachante, mais irréprochable, heu, peut-être pas?
[...] Not Yours »), évoquant aussi bien les décors sombres et glacés de Laura Veirs (« Walk It Off », « Hold On ») que les vallées [...]
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