Gaz Coombes et Danny Goffey, deux collègues échappés provisoirement de Supergrass, fondent les Hot Rats et reprennent gros bras plusieurs titres mythiques du patrimoine musical. Les Pink Floyd, les Kinks ou encore les Sex Pistols passent à la moulinette du british-rock longtemps dirigé par Oasis et Blur. Pêchu et sans faute de goût.

Lors de la sortie en 2008 de ‘Diamond Hoo Ha’ des Supergrass, le groupe britannique proposait encore de belles choses mais leur musique démontrait de sérieux signes de fatigue avec les années. Le son et la structure de leurs chansons restaient si figées dans les années 90 qu’elles paraissaient complètement dépassées et has-been. Certaines compositions vieillissant plus mal que les autres, le side-project des deux musiciens n’avait que peu de raisons de faire mieux que les Supergrass. Pourtant, il faut bien reconnaître que l’exercice des reprises tient relativement au choc des années 2000. Ils sacrifient d’éventuels désir de gloire au profit d’une cure de jeunesse vivifiante. Leur amour pour le son britannique daté de dix ans persiste mais l’ensemble se révèle bien plus convaincant qu’aux côtés de Robert Coombes et Mickey Quinn. Adieu les mélodies démodées et bienvenue aux mélodies nostalgiques et vigoureuses. Autant beaucoup de disques de covers demeurent inintéressants, autant ce ‘Turns Ons’ promet quelques suées franchement plaisantes. Le timbre sans-gêne de Gaz Coombes s’adapte parfaitement aux différentes ré-interprétations, et quelques pépites sortent rapidement du lot.

Les nouveaux arrangements concoctés par le duo donnent beaucoup d’élégance à des compositions en quête de fraîcheur. Outre l’omniprésence et la précision chirurgicale du batteur, la fusion électro-acoustique lance des hits déjà incontournables, témoins d’une grande décontraction (« Damaged Goods » (Gang Of Four cover), « The Lovecats » (The Cure cover), « E.M.I » (Sex Pistols cover)). La satisfaction principale de cet opus revient au soin et au travail effectué par The Hot Rats, désireux de rendre un vrai hommage aux artistes qui ont influencé leur travail. Les riffs sont tranchants, swinguent sous un chant maîtrisé et plein d’assurance (« Love Is The Drug » (Roxy Music cover), « Queen Bitch » (David Bowie cover)), tandis que de vieux titres à priori intouchables ont le droit à une deuxième vie sous la cool-attitude des britanniques (« Bike » (Pink Floyd Cover), « (You Gotta) Fight For Your Right (To Party!) » (Beastie Boys cover)). A l’exception d’une virée rock plutôt insipide (« Pump It Up » (Elvis Costello cover)), le groupe se montre assurément percutant et inspiré, auteur de quelques détonations crasseuses dignes de Jack White (« Big Sky » (The Kinks Cover)), et laissant quelques fois dans l’air de doux moments de flottement (« The Crystal Ship » (The Doors)).

Bien que cela puisse surprendre, ‘Turns Ons’ ne peut pas être considéré comme un albums de reprises lambda et inintéressant. Même si les Supergrass perdent au fil du temps un peu de leur superbe, le projet parallèle des Hot Rats mérite une véritable attention. Sans se montrer particulièrement audacieux, le premier et certainement dernier opus de ce groupe éphémère lance de charmantes explosions rock’n'roll.

Sortie: 25/01/2010

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par Thibault F.