
Humbles mais pas timides, avec simplicité mais sans facilité, Angus Stone et sa sœur Julia reviennent embellir le printemps avec leur deuxième album ‘Down The Way’, un panier pop-folk multi-saisons soigné et envoûtant.

L’art et par extension la musique n’a jamais été une science exacte. Chaque groupe ou artiste possède ses influences, ses envies et ses priorités. Quand certains recherchent la prouesse technique, pensent en couches sonores, d’autres restent concentrés davantage sur l’émotion. Et quand certains se passionnent pour les expérimentations bizarres et des instruments originaux, d’autres se contentent d’une guitare en bois abîmée et d’un joli grain de voix. Le duo australien, lui, se situe quelque part, isolé sur un îlot inconnu, au milieu de tous ces extrêmes. Si leurs mélodies rêveuses et leur songwriting vibrant respirent la modestie, le soucis permanent de justesse qui habite ces deux jeunes aventuriers du folk et de la pop façonne une identité forte à leurs compositions. Doté d’un tempo relativement apaisé, l’album d’Angus & Julia Stone dissimule au creux des voix et des arrangements une énergie intense et chaleureuse.
‘Down The Way’ regorge de voyages mélodiques, courts, longs, profonds, légers, intimistes ou explosifs. Sous leurs airs de tubes imparables et écorchés, les chansons aux teintures pop lancent un brûlant appel du pied aux radios (« Big Jet Plane », « Black Crow », « And The Boys »). Mais la saveur sucrée partagée par cette poignée de hits ne représente qu’un échantillon d’un assortiment musical beaucoup plus large, où fleurissent les ballades folk dépouillées et sensibles (« Santa Monica Dream », « The Devil’s Tears », « I’m Not Yours »), évoquant aussi bien les décors sombres et glacés de Laura Veirs (« Walk It Off », « Hold On ») que les vallées poussiéreuses et ornées de cactus de Nashville (« On The Road », « Hush »). Frère et sœur ont ratissé large pour mettre au point des pistes gracieuses et enivrantes, et ont récupéré dans leur râteau des perles pop-folk d’une richesse inestimable – de simples virées acoustiques printanières suant sous quelques riffs brûlés par le soleil (« Yellow Brick Road », « For You ») et des timbres de voix devenus lave en fusion (« Draw Your Swords »).
D’apparence plutôt classique lors d’une écoute distraite, l’opus des australiens se révèle avec un peu d’attention un objet musical gracieux et véritablement abouti. Les singles potentiels et les titres les plus radiophoniques éclipsent quelques instants l’ensemble de la tracklist, mais très vite, ‘Down The Way’ laisse éclater un panel tantôt pop, tantôt folk, varié, passionné et passionnant.
Sortie: 06/04/2010

5 commentaires
Ce qu’on peut reprocher à Angus et Julia Stone est peut être je trouve d’avoir un son trop épuré peut être trop simple. Non pas que tous les groupes se doivent d’explorer de nouveaux horizons. On se gardera bien de tous ses groupes qui « pop » un peu partout.
Mais nos oreilles ont quand même commencé à s’adapter à des choses un peu plus recherchées tout du moins musicalement parlant. Sans pour autant partir très loin, je me contenterais de citer le génial Joanna Newsome sorti récemment. Je trouve que pour l’instant musicalement c’est encore un peu trop simple. C’est d’autant plus dommage car les voix des 2 protagonistes se mêlent quand même à merveille. Avec pour ma part une préférence pour celle d’Angus que je trouve véhicule mieux les émotions. Je suis partagé donc entre la simplicité des mélodies et la performance vocale..
Dilemme qu’on retrouve dans ta chronique et qui je pense est commun à tous » perles pop-folk d’une richesse inestimable – de simples virées »
» D’une richesse inestimable » pour enchainer avec le terme de simplicité. Ca reste un excellent album bien qu’à chaque seconde on ait l’impression qu’ils ne donnent pas tout…
J’ai trouvé ça gentillet à la première écoute mais je dois prolonger avant de donner mon avis, belle chronique en tous cas
Durant les premières écoutes j’ai eu du mal avec la plupart des titres. Mise à part avec : Big Jet Plane, And The Boy et Black Crow dans lesquels je retrouvais un peu l’ambiance de Paper Aeroplane et de Just Boy, que j’aimais tant chez eux. Mais avec du recul et quelques écoutes supplémentaires, j’ai commencé a comprendre et aimé ce disque!
C’est une petite aventure musicale vraiment apaisante.
[...] chronique et en interview chez [...]
Pour moi un gros coup de coeur, une passion pour ce groupe qui n’a pas été immédiate, il m’a fallu du temps pour apprécier cet album, mais au final, une musique géniale. C’est vrai que ça peut paraître un peu « mou » mais leurs voix, les instruments ont une sonorité qui ne laissent pas insensible.
A écouter : for you
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