
A classer entre les Shins de James Mercer et les Death Cab For Cutie de Ben Gibbard, le groupe américain Rogue Wave se paye avec ‘Permalight’ un nouveau trip chavirant en terres indie-pop, avec à la clé, une flopée de mélodies inoubliables.
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Le parcours de la bande à Zach Schwartz, depuis leur premier album ‘Out Of The Shadow’ sorti en 2003 jusqu’à aujourd’hui, est d’une constance admirable. A défaut d’être irréprochable. Rois du monde dès qu’il s’agit d’entraîner les foules à coups de mélodies étourdissantes, véritables serial killers des refrains, les américains connaissent dans chaque album quelques coups de mou qui fragilisent leur homogénéité. En ce sens, leur nouvel opus ne change pas spécialement la donne, si ce n’est que les titres de « remplissage » se montrent moins nombreux. Les compositions brouillonnes et légèrement noisy ont pratiquement disparu de la circulation au bénéfice d’hymnes pop parfois plus électroniques qu’électriques. Le choix de la facilité, considérerons certains, mais un argument implacable lorsqu’il est question de ravir les fans de mélodies sautillantes et saturées de glucose (« Good Morning (The Future) », « Permalight »).
Que les sceptiques ne s’inquiètent quand même pas trop, le quatuor d’Oakland ‘a pas encore abandonné dans la nature son savoir-faire inimitable. Rogue Wave apporte toujours l’engouement et les rythmes entêtants qu’attendent les férus d’indie-pop. Les summer songs aveuglantes du groupe arrivent par vagues successives, armées jusqu’aux dents d’harmonies vocales enchanteresses, et prônent avec jouissance une forme absolue d’insouciance (« Solitary Gun », « Right With You », « We Will Make A Song Destroy »). Les vraies-fausses chansons déprime continuent elles aussi de pleuvoir sur chacun de leur disque, bordées d’une simple robe acoustique (« I’ll Never Leave You », « All That Remains »), soutenues par quelques coups de canons du batteur (« Sleepwalker »), ou bien mises sur leur 31 par une déferlante de cordes (« Fear Itself »). L’efficacité du songwriting de Zach Schwartz n’est remise en cause que par certains coups de folie regrettables et mal contrôlées. Les mélodies prennent des couleurs plus rock, souffrant toutes d’une surcharge instrumentale inutile et agaçante (« Stars And Stripes », « Per Anger », « You Have Boarded »).
Dans les grandes lignes, Rogue Wave affiche sur ‘Permalight’ un visage plus convaincant, plus conquérant que sur leur précédent effort ‘Asleep At Heaven’s Gate’. D’année en année, le groupe ne change pas d’un poil sa conception de la pop, et répète toujours les mêmes gammes. Reste que si de rares titres demeurent sans intérêt, le style Rogue Wave renverse toujours la pop avec une certaine élégance.
Sortie: 02/03/2010
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