
Deux ans après la sortie de l’excellent ‘Fate’, les cinq américains de Dr. Dog tirent toujours à bout de bras l’héritage laissé par les Rolling Stones, les Beatles et The Band dans de folles et inimitables décharges psyché-rock.
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Proche des Clap Your Hands Say Yeah pour leur goût prononcé envers les mélodies sinueuses, proche également de l’authenticité sonore des Redwalls, de Vetiver, des Shaky Hands, le quinquet de Philadelphie produit l’une des musiques rock les plus passionnantes outre-manche. Onze ans de carrière, six albums dans la besace, et une incroyable aptitude à créer du tube en puissance sans courir tête baissée sur les sentiers battus, au risque de devenir quelques fois insondable et même un peu brouillon sur leurs albums précédents. Un constat désormais non transposable avec l’arrivée de ce nouvel opus intitulé ‘Shame Shame’, plus pêchu et spontané que les précédents efforts, et qui laisse entrevoir une évolution bienvenue de la part d’un groupe trop talentueux pour se cantonner à un public ciblé. Moins foufous que par le passé, les musiciens de Dr. Dog ont brassé leurs influences dans une production plus moderne et plus mordante. Depuis leurs débuts, jamais leur talent n’avait pu s’exprimer avec autant d’évidence, jamais leurs mélodies n’avaient su être aussi incisives.
Plus qu’une confirmation, l’année 2010 est pour eux celle d’une mini-révolution alléchante. Auteur d’un premier single tonitruant (« Shadow People »), cocktail bouillonnant de chœurs illuminés, de swing piano, de riffs punchy, magnifié par le timbre enroué de Scott McMicken, le groupe s’est mis en tête de dévier ses pulsions créatives vers des hymnes parés à faire chavirer les foules (« Where’d All The Time Go », « I Only Wear Blue », « Mirror, Mirror », « Stranger »). Conséquence d’une inspiration sans faille, le groupe surfe sur l’électricité pour effectuer ses pirouettes vocales (« Unbearable Why »), emprunte à MGMT le groove psychédélique de leur fameux hit « Kids » (« Later »), attaque en titubant des ballades bluesy (« Station ») et rock’n'roll (« Jackie Wants A Black Eye », « Someday ») bougrement mélancoliques. Il n’y a bien que sur le dernier titre de leur album (« Shame, Shame ») que le groupe renouera avec ses ambiguïtés sonores passées, ses changements de tempos, ses errances instrumentales interminables.
Sans renier leur passé, sans désenrichir leurs compositions, les américains lancent avec ‘Shame Shame’ une averse de tubes archi-accrocheurs. Derrière une production tranchante et nerveuse, les Dr.Dog rénovent à merveille les grands mythes anglais et américains des années 60.
Sortie: 06/04/2010
2 commentaires
Que c’est bon, ah mais que c’est bon de les retrouver !
J’avais acheter leur superbe coffret collector avec le superbe vynile, le T-shirt, le poster et tout et tout, j’adore ce groupe !
Et là quel bel article tu leur fait Thib’, ça mérité un bisou tiens !
quel est le sens des paroles de I only wear blue ?
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