
Pêle-mêle mystique et étonnant de jazz, de pop et de folk, le nouvel album de la canadienne Kyrie Kristmanson intitulé ‘Origin Of Stars’ contient d’imprévisibles et insaisissables mélodies automnales.
Photo originale: Yohann Kwan
Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.
Il est toujours étonnant de voir fleurir si jeune des artistes comme Kyrie Kristmanson, transpercés d’un talent brut, dotés d’une assurance sans faille, capables déjà de jouer sur plusieurs registres et de porter sur leurs épaules des univers insaisissables. A vingt ans, rien ne semble pouvoir impressionner cette brise fraîche venue du Canada. Plus qu’un simple mélange d’influences et de sonorités, ses nouvelles chansons sont un concentré pur et varié d’idées folles, d’émotions intenses, souvent transcendées par la puissance de son interprétation. Aucun des registres musicaux qui l’inspirent ne parviennent à la déstabiliser, depuis le folk américain jusqu’au jazz classique en passant par la pop. En revanche, tout le monde ne pourra apprécier ses éternels papillonnements, d’un style à l’autre, qui même effectuées avec maîtrise finissent parfois par devenir déroutants, voir agaçants. Il n’empêche qu’en moins de trente minutes, Kyrie Kristmanson grave ses compositions comme des souvenirs indélébiles qui ne peuvent laisser personne indifférents.
Bien que cela puisse paraître surprenant, ce sont les mélodies jazzy éclaboussées par les trompettes, plongées dans une atmosphère de cabaret, qui sont finalement les éléments les moins emballants de cet opus (« Eruption », « Comet Of Desire »). Doté d’un swing vocal indéniable, la canadienne ne parvient pas à décoller l’étiquette « Pour public connaisseur » inscrite sur ce genre de compositions, techniquement intéressantes mais vides de toutes émotions. Pour écouter le disque décoller magistralement, il vaut mieux se concentrer sur les autres surprises de cet opus, ses fusions pop-soul riches en groove (« Song X »), ses poèmes folk ensorcelants tirés d’un autre temps (« Birdsong », « Oh Montmartre »), ses gourmandises pop couvertes de sucre glace (« Jump »), ses ballades pop-folk aussi gracieuses et naturelles que celles de Laura Veirs (« Origin Of Stars », « Wicked Wind », « Who »), et ses complaintes bluesy aguicheuses (« The Holy »). Le final A Cappella – fade démonstration sous clair de lune – sera lui le dernier regret minime d’un des opus les plus rafraîchissants et inventifs de l’année.
Il ne fait aucun doute que l’avenir de Kyrie Kristmanson va s’inscrire sous un soleil éclatant. Talentueuse, énergique, touchante, il ne lui manque plus qu’à contrôler ses explosions créatives pour nous servir un futur très grand disque, que l’on espère un peu moins concis.
Sortie: 22/03/2010
Autres chroniques: Playlist Society – Good Karma

2 commentaires
J’aime beaucoup son univers…Mais je trouve que ça manque clairement de folie, j’ai eu du mal à finir son album (que je n’ai pas fini d’ailleurs). Puis je trouve surtout que cet album fait preuve d’un déséquilibre énorme au niveau des titres. Certains titres sont remplis de très bonnes idées d’autres non. Alors certes elle garde son univers assez unique mais on est à une époque où cela ne fait pas tout. Dans un début d’année ou le nouveau newsome dans le genre chanteuse à univers à éclaboussé la scène je trouve certaines chansons d’un certaine pauvreté…
Pas trop aimé (pour ce que j’en ai écouté)
charmant comme tout cet album !
Laisser un commentaire