
Déjà remarquable à 17 ans sur son premier album ‘Also I Cannot Swim’, Laura Marling revient plein d’ambition et de maturité dans un opus intitulé ‘I Speak Because I Can’, premier diamant noir folk de l’année 2010.
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Des jeunes artistes talentueuses que comptent l’Angleterre, Laura Marling demeure sans aucun doute l’une des promesses les plus emballantes. Du haut de ses vingt printemps, la jeune londonienne ressemble déjà à une pionnière de la musique folk. Reconnue pour ses qualités de songwriting hors-norme dès son premier album, elle a attendu trois ans pour rassurer tous ceux qui avaient fondé de grands espoirs sur son talent. Bien qu’évoluant en marge d’artistes faisant actuellement fureur outre-manche, dans un registre pop-rock – Lily Allen, Kate Nash, Arctic Monkeys, pour ne citer que les plus connus – la chanteuse originaire du comté d’Hampshire démontre sur ses nouvelles chansons qu’elle est désormais prête à assumer le statut d’icône folk. Injustement boudée en France, Laura Marling pourrait enfin rencontrer le succès qu’elle mérite avec ‘I Speak Because I Can’, corbeille de poèmes sombres et fantomatiques enveloppés d’arrangements vintage. Bien aidée par l’excellent travail de Ethan Jones – producteur entre autres pour Ray Lamontagne et les Kings Of Leon – l’anglaise prend une dimension supplémentaire.
Lorsque les artistes négocient bien le premier virage de leur carrière, le second album doit être celui qui infirme ou confirme les attentes précédemment suscitées. Concernant Laura Marling, il s’agit davantage d’une progression. Nul ne peut savoir jusqu’où son talent et son sens féroce de l’équilibre l’emmèneront. Alimentées d’une voix pure et angélique, les dix titres de cet album sont en tout cas à l’origine d’un récital raffiné naviguant entre les plaines arides américaines et les campagnes humides de l’Angleterre. Outre-Atlantique, la chanteuse se laisse emporter par une rythmique tribale lors d’une infernale course folk (« Devil’s Spoke »), fait exploser ses comptines intimistes dans une nuée de chœurs, de cordes (« Rambling Man ») et d’électricité (« I Speak Because I Can »). Mais ce sont sur ses terres que vont éclore les plus jolis joyaux de la tracklist. Pleine d’assurance, Laura Marling livre avec autant de force que de tendresse les ballades les plus chavirantes de ce début d’année. Une nostalgie pesante (« Goodbye England (Covered In Snow) »), des envolées mythologiques (« Alpha Shallows »), une insouciance mélancolique (« Blackberry Stone »,« Made By Maid »), des regrets éclairés à la bougie (« What He Wrote »), des refrains irrésistibles titillant les nuages (« Hope In The Air ») ainsi qu’une touche d’engouement et d’optimisme (« Darkness Descends ») chargent d’émotion un disque maîtrisé sur le bout des doigts.
Accompagné de musiciens formidables, Laura Marling signe à vingt ans un deuxième album réfléchi, sophistiqué, rigoureux, et qui ne s’évanouit jamais dans l’ennui. Sans en avoir encore conscience, la londonienne possède déjà l’expérience de pèlerines du folk comme Joni Mitchell et l’étoffe d’une future légende.
Sortie: 22/03/2010
Autres chroniques: Sound Of Violence – MusicOMH – Pitchfork
4 commentaires
Le petit morceau « Hope in the air » ressemble beaucoup à du Cat Power. J’aime beaucoup. Je vais aller voir ça de plus près… Thank’s ! ^^
Une artiste qui me fait penser du bien de la folk music, c’est pas fréquent
l’album tourne en boucle depuis plus de deux semaines.
J’adore, et je connaissais pas du tout.
Du coup ça m’fait super plaisir que tu es fait une chroniques Thib’.
Elle est même super bien cette chronique ^^
Un bel article pour un album qui l’est tout autant
Tout comme le commentaire précédent, je ne connaissais pas du tout et j’ai été franchement scotché. Quel bonheur de pouvoir encore être surpris, dans une industrie musicale de plus en plus sclérosée ! Sans que je m’y attende, Laura Marling est arrivé avec un album de folk à tomber par terre, qui me donne de plus en plus de frissons à chaque écoute (argh, What He Wrote, du bonheur en barre).
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