Pour oublier la semi-déception consécutive au ‘Teen Dream’ de Beach House, rien de tel que de somnoler au contact du premier album de Color Of Clouds. Le trio américain rallonge la durée du rêve électro-pop-folk commencé l’année dernière sur leur EP.

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Sans prétention aucune et dans la plus totale des discrétions, les trois anciens membres de Moonraker sortaient l’an dernier quelques chansons douces et éthérées au coeur d’un EP intitulé ‘The Look’. Il n’en fallait pas plus pour fonder de grands espoirs sur le dos de ‘Satellite Of Love’.  Et pour cause. Bien que rempli de petites imperfections, d’effets électroniques pas toujours très judicieux, le premier long du groupe dévoile des décors paradisiaques, luxuriants, plongés sous un soleil de plomb, au creux desquels résonne une voix brûlante, sensuelle et insouciante. Kelli Scarr, atout charme inestimable de la bande, souffle les mélodies, les transforme en chimères et les envoie aux cieux. Écouter la musique de Color Of Clouds, c’est un peu aller faire du trampoline dans les nuages, rentrer dans le cocon de l’irrationnel pour n’en ressortir que quarante minutes plus tard, les pupilles en formes d’étoiles et l’esprit apaisé.

Les compositions se limitent à des structures classiques, accessibles, où s’enchaînent à répétition les couplets et les refrains. Les trois voltigeurs ont opté pour des airs simples, entraînants, pour se concentrer davantage sur les arrangements et la production. Les bruitages électroniques frétillent dans tous les sens, les guitares rougissent, la voix de Kelli Scarr joue à cache-cache avec des anges. A la poursuite de l’onirisme, les new-yorkais construisent leurs contines anesthésiantes. Les lignes de chants sont poussées au large par les vagues nostalgiques du blues  (« Come Back To Me »), propulsées en l’air par des courants d’air chauds  (« The Look », « I Want You », « Wonder »), avant d’ensorceler une poignée de mélodies pop-folk tendues sur un fil de soie (« Left You », « Brother »). La grâce ne disparaît qu’une seule fois, le temps d’une dérive A cappella incompréhensible et inutile (« Haunts (Acoustic) »), pour finalement tomber en averse sur les randonnées spatiales entreprises par le trio (« Let Go », « Cinderella ») et leurs rares tentatives de feux d’artifices atmosphériques (« Satellite Of Love », « Lullysome »).

Proche de tout et de rien, électron libre autour de Moby, Imogen Heap, The Postal Service, Kate Bush ou encore Feist, les Color Of Clouds ont su créer un somptueux cocktail aux couleurs du folk, de la pop et de l’électronique. Disque prometteur et gracieux, ‘Satellite Of Love’ est le coup de cœur de l’année 2010.

Sortie: 07/04/2010

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par Thibault F.