
Après 2009 et le retour fracassant d’anciens membres du collectif House Of Pain via La Coka Nostra, c’est au tour d’une autre machine de guerre du hip-hop de revenir en forme. Six ans après leur dernier album, les Cypress Hill ont encore des mots doux à vous murmurer dans l’oreille.

Est-il encore nécessaire de présenter les membres du groupe, coqueluches du hip-hop américain depuis 1988, auteur d’albums vendus à des millions d’exemplaires à travers le monde. Voilà une tripotée d’années que les fans attendaient le retour studio de Cypress Hill, espérant peut-être en douce que l’orientation reggae entreprise sur ‘Till Death Do Us Part’ ne soit pas définitive. Qu’il se rassurent jusqu’au 20 avril, le huitième album de B-Real et ses potes, intitulé ‘Rise Up’, sera à nouveau porté par le hip-hop de leurs débuts, griffé quelques fois seulement par les riffs remplis de matière grasse de Tom Morello ou Daron Malakian. Plusieurs guests de renom (Everlast, Mike Shinoda, …) se sont empressés de rejoindre Cypress Hill pour se frotter à nouveau à leur flow ravageur, à une production plus percutante que les autres du milieu, magnifiée par ses couleurs old-school et ses beats ronronnants. Le groupe applique sur ‘Rise Up’ cette recette à l’origine de tous leurs succès, enchaînant sans interlude quinze chansons avec la rage et le souffle de leurs débuts.
Malgré le nombre imposant de nouvelles compositions, le quatuor impose un rythme diabolique, impressionne en n’affichant aucun signe de faiblesse. Plus impressionnant encore, la lucidité dont ils font preuve pour ne pas périr dans un hip-hop redondant, qui ne fonctionnerait qu’à l’énergie, qu’à la puissance déployée. La richesse sonore de l’opus, combinée à la présence de nombreux featurings, donnent au groupe les moyens d’offrir à son public une vraie diversité. Un peu empruntés comme gangsters du hard-rock (« Rise Up » feat. Tom Morello, « Trouble Seeker » feat. Daron Malakian, « Shoot’Em Up » feat. Tom Morello), brouillons à de rares exceptions (« Pass The Dutch » feat. Evidence and The Alchemist), efficaces sans trop forcer parfois (« « Bang Bang », « Take My Pain » feat Everlast), ils patinent en revanche à merveille sur les rythmiques chaloupées. Ils balancent des beats comme des boxeurs balancent leurs uppercut (« It Ain’t Nothin’ » feat. Young De), chavirent sur des mélodies rétro-épiques magistrales (« Get It Anyway », « Carry Me Away » feat Mike Shinoda, « K.U.S.H »), s’entourent de filles sexy en sirotant des cocktails exotiques (« Armada Latina » feat Pitbull & Marc Anthony), sursautent en trance (« Get’Em up », « I Unlimited », « Light It Up ») et dansent pépère sur le dancefloor, armés jusqu’aux dents de refrains rassembleurs (« Armed And Dangerous »).
Les années d’attente auront été longues, mais le retour de Cypress Hill ne sera certainement pas un flop. Remontés à bloc, appliqués, et soutenus par des mélodies mémorables, les quatre américains signent avec ‘Rise Up’ un excellent disque, à peine écorché par quelques maladresses.
Sortie: 20/04/2010
Autres chroniques: Playlist Society – Chroniques Electroniques
4 commentaires
Ta chronique me réjouit, car j’apprécie beaucoup CYPRESS, surtout les premiers albums, mais je n’avais pas tellement aimé leur virage rock… mais en l’occurrence, tout ça m’a l’air pas mal du tout, à t’entendre (malgré l’apparition de Mike Shinoda :-/)
SysT
Excellent article!!
et vive Cypress!
Sans être vraiment un retour puisqu’il est finalement assez conforme aux précédents, ça reste un bon album !
Voir Tom Morello et Mike Shinoda avec Cypress me fait très plaisir je trouve ça original.
Laisser un commentaire