Avec son deuxième album intitulé ‘A Curious Thing’, Amy Macdonald, jeune panthère écossaise aux cordes vocales diamantées, chevauche avec une étrange maturité des hits parés pour emballer les cœurs de minettes britanniques.

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Entourée par une jeune génération de femmes britanniques dont on ne cesse de vanter les mérites, de Lily Allen et Kate Nash pour leur pop acidulée jusqu’à Laura Marling avec son folk ancestral, Amy Macdonald cherche son chemin. Dotée d’énormes capacités vocales, la chanteuse se cantonne encore souvent à des compositions trop sages et prévisibles. Les prises de risques sont minimes, pour ne pas dire inexistantes, et la déception demeure d’autant plus importante que la britannique survole avec une facilité insolente ses nouvelles mélodies. Elle qui occupe  l’espace comme une entité divine, elle qui génère des vagues phénoménales d’énergie, se voit réduite à soulever contre-nature de puissants hymnes radiophoniques, dont l’efficacité semble éphémère (« Don’t Tell Me That’s Over », « Give It All Up », « An Ordinary Life »). L’équilibre de la production est remarquable, mais les arrangements restent globalement trop superficiels pour ne pas penser à une erreur de casting. Comme si Amy Macdonald était contrainte de jouer dans la cour de Shakira alors que celle de Florence Welch lui tendait visiblement les bras (« Spark »).

A intervalles réguliers, la native de Glasgow reprend fièrement les choses en main, enfile ses bottes en croco et entame de féroces déhanchés folk-rock. Les mimiques vocales de Johnny Cash passent au mixeur de l’écossaise (« Love Love »), plus à l’aise en costume de cowboy qu’en  mini-jupe (« This Pretty Face »), galvanisée par les guitares qui rythment ses parties déchaînées de rodéos (« Next Big Thing »), puis propulsée par la grosse caisse de la batterie dans l’écume de riffs cramés au soleil (« Troubled Soul »). Malheureusement, le décor américain dans lequel se fond si bien l’artiste ne tient jamais très longtemps le choc avec la mode musicale britannique actuelle. L’odeur du folk poussièreux de Nasvhille, celui humide des campagnes anglaises se dissipe dans des mélodies pop fades, tout juste plaisantes (« Your Time Will Come », « I Got No Roots »), des ballades mièvres sans émotion (« My Only One ») qui cacheront bêtement la reprise très réussie du mythique « Dancing In The Dark » de Bruce Springteen (« What Happiness Means To Me »).

Sans rentrer dans le rang des disques dispensables de l’année, ‘A Curious Thing’ souffre des choix pas toujours compréhensibles d’une artiste talentueuse qui, visiblement, cherche encore son chemin. Originale et touchante lors de ses virées folk-rock, elle gâche sans grandes explications une voix grandiose sur des airs pop de jeunes filles désinvoltes.

Sortie: 08/03/2010

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par Thibault F.