
Après le succès énorme de leur premier album, MGMT et leur pop barrée proposent à leur sauce un recyclage moderne de la période psychédélique de David Bowie. A mourir d’ennui, et ce malgré le semblant d’ambitions affichées.
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Pour se faire une place légitime sous le soleil des grands artistes, les deux new-yorkais se devaient de confirmer les espoirs placés en eux, détruire en partie l’image hype qui leur brûlait la peau. Sans doute conscients d’avoir été réduits à leurs tubes planétaires « Kids » et « Time To Pretend », suite à la sortie de ‘Oracular Spectacular‘, le duo s’est visiblement forcé à construire un album plus homogène, sans véritable single évident. L’intention est louable, les nouvelles compositions sont plutôt honorables, fouillées, mais l’ensemble manque considérablement d’âme et de folie. Le groupe a tourné la page un peu vite, balayant son court passé d’un revers. Leur premier coup d’essai, aussi imparfait et inégal reste-t-il, jouissait d’une intensité psychédélique, d’une énergie, d’une fraîcheur que ne partagent plus du tout son successeur. En cherchant coûte que coûte à réaliser l’album de la maturité, à exploiter un univers plus réfléchi, les MGMT accouchent d’un disque sans vie, étouffé dans la multiplicité de couches sonores.Ce qu’il y a de plus regrettable chez les deux nouvelles icônes de la pop, c’est leur incapacité à s’extirper de leurs influences. Sur ‘Congratulations,’ l’admiration qu’ils vouent à David Bowie dévore leurs personnalités et les enferme dans une spirale psychédélique qui sent bon le réchauffé.
Le groupe, qui semble constamment sur la retenue, trop souvent occupé à soigner minutieusement son objet plutôt qu’à le rendre excitant, livre des compositions au relief inexistant. Exception faite d’un premier single déjanté, à la fois brouillon et entêtant (« Flash Delirium »), l’album des MGMT ressemble à une caricature grossière de la musique psychédélique. Se succèdent des instrumentaux sans envergure, faussement sinueux (« Lady Dada’s Nightmare »), des errances progressives interminables, trop propres sur elles pour espérer mettre en valeur leurs ambiances torturées (« Siberian Breaks »), ainsi qu’une poignée de pop-songs kitsch, affreusement pompeuses, de véritables chorales de clown imprégnées des années 80 jusqu’au nez rouge (« It’s Working », « Song For Dan Treacy », « Brian Eno »). Seuls points d’honneurs de l’opus, quelques ballades bricolées (« Someone’s Missing », « I Found A Whistle ») ou joliment dépouillées (« Congratulations ») qui apportent un léger apaisement après une succession d’imitations psyché-pop sans grande saveur.
‘Congratulations’ ne peut pas se réduire simplement à de mauvaises ou bonnes chansons. Si il provoque une telle indifférence, c’est avant tout parce que ses géniteurs manquent terriblement d’inspiration, peinent à fabriquer des idées nouvelles. Plutôt que d’amener leur propre pierre à l’édifice, ils ont préféré retailler celle du mythique ‘Scary Monsters’ de l’immense David Bowie. Dommage.
Sortie: 13/04/2010
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7 commentaires
C’est dingue de ne pas reconnaître le talent quand il vous saute aux oreilles.
Je n’étais pas très chaud à l’écoute du premier album du duo fluo, alors imagine aujourd’hui…
SysT
Oui de louables intentions qui ne se concrétisent jamais en chansons…
Plutôt en accord avec cette chronique, je me suis beaucoup ennuyé et ce malgré plusieurs écoutes attentives.
Des compositions peu inspirées masquées par des couches musicales sur-produites.
L’idée de proposer plusieurs « compositions » au sein d’un même titre aurait pu être pertinente si les différentes parties étaient intéressantes, mais de cette bouillie musicale, pas grand chose ne ressort.
Et, malheureusement tout semble être synonyme de médiocrité et d’ennui sur ce nouvel opus.
Je préfère de loin leurs premières compositions issues de Climbing To News Lows et de Time to Pretend EP qui ont le mérite de proposer une pop intéressante et surtout dénuée de la prod’ affreuse de Oracular Spectacular.
MGMT semble être coincé entre une volonté d’aller vers une pop expérimentale exigeante et un déficit de talent ou d’inspiration.
Animal Collective ou Yeasayer font bien mieux dans le genre.
En effet Mr M heureusement que le talent ne nous éclabousse jamais quand on écoute cet album…
Pas d’accord : même si « Congratulations » n’est pas le chef-d’oeuvre survendu par la presse, ce n’est pas non plus le ratage que certains déplorent. Ils confirment à mon avis leur exploration sonique pyschédélico-progressif-drug addict 60′s entamé avec la seconde partie de « Oracular Spectacular » (4th Dimension Transition, Of Moons, Bird & Monsters, Future Reflections). Et, étant le premier un fan de Bowie, je ne vois pas le lien avec « Scary Monsters » ? Sur « Congratulations, leur références c’est vraiment le psychédélisme 60′s : Pink Floyd, le Brian Wilson barré de « Smile » , Love, The Zombies, avec aussi un clin d’oeil aux Buzzcoks (Brian Eno) ou des maboules 80′s genre Julian Cope ou Spaceman 3, dont l’ex-membre Peter Kember (Sonic Boom) a produit .. « Congratulations ». Après, on peut trouver le disque trop sur-référencé et se fiche aussi de ces références. Mais après plusieurs écoutes successives, l’ensemble est fort séduisant, assez addictif, voire touchant. Je ne suis pas hyper-objectif, je suis client de leur boulot depuis « Time to Pretend » et malgré leur côté branleurs têtes à claques et la hype qui leur colle aux basques, un des évidents étendards de la pop indie actuelle. Après, c’est chacun son goût…
« Congratulations » est tout de même plus travaillé que le précèdent! Nous avons le droit à des morceaux plus lyriques, avec la présence de vrais instruments, et non pas des sons électroniques. En revanche, seulement 9 pistes sur cet Album … On a tendance à rester sur sa faim tout de même.
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