
Quatre tourangeaux libèrent leur amour pour le folk américain et la pop anglaise sur un premier opus intitulé ‘Inner Anger Feather’. De l’assurance, du talent, et une crédibilité incontestable se cachent tous sous un joli nom: Moonjellies.
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Ils ne sont pas les premiers frenchies à trouver l’inspiration hors frontières, et ils ne seront certainement pas les derniers. A l’instar des excellents Fairguson, le quatuor de Tours fait parti des quelques groupes français particulièrement à l’aise avec la langue étrangère. Leurs mélodies portent l’engouement et la légèreté de la pop 60′s d’outre-manche, dessinent les contours des vallées désertes américaines. Et, composition après composition, le groupe parvient à garder l’anonymat, laissant sans cesse planer le doute sur leur pays d’origine. C’est là le grand point fort des Moonjellies. Imprégnés jusqu’au cou d’influences musicales étalées sur presque cinquante ans, ils ont réussi à créer leur propre tambouille sans chercher à ressembler à qui que ce soit. Ils ne révolutionneront ni le monde de la pop, ni celui du folk, mais forment une entité unique et authentique. Porteur qui plus est d’une volonté criante à ne pas s’auto-satisfaire, la bande propose – ce qui demeure d’ailleurs peu courant pour un premier album – une richesse de jeu étonnante.
En cela, ‘Inner Anger Feather’ jouit d’une dynamique exemplaire, qui évite toute possibilité d’enrayement. Les pistes fusent sur des atmosphères délicieuses. Les mélodies, entêtantes à souhait, prennent à chaque fois le pas sur les humeurs. Et sur ce joyeux plateau de chansons pop-folk, colorées, il y en a pour tous les goûts. Les Moonjellies partagent avec les Beatles ou les Fleet Foxes le savoir-faire nécessaire pour pondre des tubes intemporels, habillés de chœurs étincelants (« Sunrise », « Come Across Your Shade », « Meeting Place »), de guitares chaleureuses (« Summer Dress », « Man In A Crowd »). Ils excellent dans l’exercice des ballades, offrant des comptines folk lumineuses (« Stars Above You », « Whispering Stone ») et mélancoliques (« Black Cloud »), ornées à chaque fois d’arrangements majestueux. Les quatre bonshommes ne se refusent rien. Ils surfent furieusement sur le rock british musclé des années 90 (« No Better Side Of The Road »), avant de nous emporter sur des pop-songs éclairées au piano, dotées d’un swing paisible et imparable (« Pauline », « You Don’t Have To »). Le bref interlude basse/piano placé au milieu de l’opus (« Night Of The Chinese Plastic ») restera bel et bien l’unique déception, aussi minime soit-elle, d’un album frais et maîtrisé sur le bout des ongles.
Vous l’aurez compris, les quatre membres de Moonjellies ont mis au monde une portée de chansons à la fois modestes et ambitieuses, aux formes aussi variées qu’efficaces. En picorant au sein d’une culture musicale particulièrement dense, sans le désir de rendre hommage à un artiste plus qu’à un autre, les tourangeaux livrent un disque intelligent et définitivement prometteur.
Sortie: 27/01/2010
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