
Avec la sortie cette année de leur nouvel opus ‘La La Land’, le trio montréalais confirme qu’ils restent le groupe de rock insondable et passionnant découvert il y a deux ans sur l’inusable ‘Parc Avenue’.
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En 2008, les canadiens démontraient à eux seuls que le rock était un registre extrêmement large et malléable. En 2010, ils procèdent à une petite piqûre de rappel à travers leurs onze nouvelles chansons. Et comme à leur habitude, l’absence de calcul et leurs inspirations passagères les poussent à suivre des directions radicalement opposées. Les Plants & Animals ont la grande force de pouvoir continuellement surprendre ses auditeurs, de les emmener dans un univers musical où rien n’est défini de manière claire. Il suffit pour s’en convaincre de constater l’extraordinaire hétérogénéité sonore, rythmique et mélodique de ce ‘La La Land’, qui ressemble davantage au best-of d’un groupe de rock aux 40 ans de carrière qu’au deuxième album inédit d’une jeune bande prometteuse. Et pourtant. Même si les influences majeures du groupe se situent dans les seventies, si l’on en croit en tout cas l’atmosphère générale de l’opus et la nature des arrangements, le groupe compose de manière à ne jamais atterrir au même endroit.
L’ensemble peut d’abord paraître décousu, voir confus, mais le talent de composition des montréalais finit par mettre tout le monde d’accord. Polyvalents et à l’aise sur tous les fronts, ils se sont appropriés le songwriting d’un rock daté de quarante ans pour y ajouter leurs propres trouvailles. A grands coups de riffs aériens et d’arrangements gypsy, ils ressuscitent brillamment les grands tubes de Santana et des Eagles (« Kon Tiki »), nous assomment avec une pincée de hits inattendus, nourris de riffs délicieusement rapeux (« Swinging Bells », « Tom Cruz », « Jeans Jeans Jeans »), d’harmonies vocales délirantes (« The Mama Papa »), de chœurs catchy et de cuivres kitschissimes (« American Idol »). Puis, comme toujours avec Plants & Animals, des titres en marge font leur apparition, très efficaces mais difficilement descriptibles. Leurs ballades mélancoliques prennent une dimension quasi-mystique (« Game Shows », « Celebration »), progressive (« Undome Melody »), tandis que se multiplient des expériences un peu étranges dans lesquelles des harmonies vocales déformées survolent des rythmiques aériennes (« Future From The 80s »), et dans lesquelles se résument en un seul titre la douce folie rock d’un groupe pas comme les autres (« Fake It »).
Parce qu’ils manient la musique naïvement, parce qu’ils maîtrisent le rock sur le bout des doigts et le pimentent avec des inspirations originales, les Plants & Animals demeurent l’un des groupes les plus prometteurs outre-atlantique. Bercée tout du long par les années 70, leur nouvel opus ‘La La Land’ est un régal.
Sortie: 20/04/2010
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