Sans tirer sur les habituelles ficelles putassières du genre, trois français jouent la carte de l’électro chic pour renverser les dancefloor. Dignes concurrents de Adam Kesher, les Fortune démarrent tambours battants avec un premier opus nommé ‘Staring At The Ice Melt’.

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Des tubes, des tubes, des tubes, et encore des tubes. Une marée de hits ravageurs provoquée par un trio bien décidé à se faire une place au milieu des Pony Pony Run Run, de Phoenix ou de M83. Eux s’appellent Fortune et officient dans un registre aux résonances électroniques subtiles et gracieuses. Les différentes compositions de la bande, percutantes, possédées bien souvent par un groove dansant irrésistible, et taillées sur mesure pour inonder les ondes, pourraient laisser penser qu’un nouveau groupe lambda tente d’envahir la scène française. Mais pour cela, il aurait fallu que le plaisir d’écoute soit éphémère, que seules deux ou trois chansons aient la chance de survivre au mode repeat de votre lecteur audio. Même si des singles évidents éclatent comme du pop-corn au milieu des douze morceaux proposés, ‘Staring At The Ice Melt’ reste un disque homogène et soigné jusqu’au bout, dans lequel il n’est jamais question de tirer profit de hits incontournables afin de combler les trous restants avec des mélodies en carton, bâclées.

Sans transformer encore tout ce qu’ils touchent en or, les Fortune font preuve d’une notion d’équilibre intéressante dans leur écriture, et dispersent leurs influences avec une vraie sagesse. L’énergie présente dans les mouvements punk et rock côtoient en permanence l’électronique, la pop et des relents de sonorités new-wave, mais le groupe va encore un peu plus loin pour forger son style. La production et les arrangements apportent une coloration sombre aux mélodies pendant que les harmonies vocales jouent le rôle de rayons de soleil. Le genre de nuances innocentes sur lesquelles peuvent reposer la réussite de tout un album. En l’occurrence, celui-ci, bourré à rabords d’hymnes détonants aux rythmiques frénétiques (« Gimme », « Bully », « Celebrate »), soulevés par des refrains prêts à conquérir l’univers (« Under The Sun »), habités  par des romances entraînantes (« Since You’re Gone », « Venus »), habillés parfois par des riffs crochus (« Nothin ») et des gimmicks de Daft Punk (« Highway Part 1″, « Highway »). Le talent des français, bien que moins perceptible sur la fin, étouffé dans des mélodies trop sinueuses (« Fancy Role », « Poison »), reste sous les projecteurs bien assez longtemps pour les considérer comme une nouvelle promesse du territoire musical français.

Un songwriting convaincant, une production irréprochable, et des hits à revendre à la pelle. Des arguments solides présentés par le trio français pour espérer arracher un succès mérité dans le pays. Il ne leur manque plus qu’à confirmer leurs bonnes dispositions lors du deuxième album pour rêver d’une belle carrière, et pourquoi pas s’exporter aussi bien que les versaillais de Phoenix.

Sortie: 22/03/2010

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par Thibault F.