A travers un premier opus percé par les rayons de soleil, retrouvez l’ambiance hippie des années 60 derrière les mélodies surf-rock droguées des Avi Buffalo, dernier quatuor merveilleux déniché par le label Subpop.

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Deux gars et deux nanas arrivent de nulle part et débarquent au beau milieu du printemps avec une bande-son estivale. Fortement inspirés par l’ambiance lumineuse des tubes des Beach Boys, les quatre californiens s’amusent à composer des chansons colorées et enchanteresses, au doux parfum de crème bronzante. Rien de tel pour les découvrir qu’une après-midi à la plage, les pieds dans l’eau, des pâtés de sable dans les mains. Leurs mélodies, éclaboussées de mélancolie et de nostalgie, n’ont aucun autre but que de trotter dans votre esprit afin de vous offrir une journée apaisante et agréable. Les guitares s’envolent et partent à la chasse aux nuages. Les voix se mettent à l’unisson, jouent les anxiolytiques lors de refrains imparables, véritables hymnes carbonisés aux vacances d’été. Et dans ce registre proche du surf-rock, les Avi Buffalo possèdent leur petit plus, à savoir une légère touche de psychédélisme donnant l’impression constante d’écouter un disque sous champignons hallucinogènes. Déployant comme au bon vieux de temps des sonorités électriques étincelantes autour d’une chorale illuminée (« What’s In It For »), leur premier single à l’odeur de LSD en est la parfaite illustration.

En partageant tous des idées de rêve et d’irréalité, les morceaux du groupe forment un album parfaitement homogène, peut-être l’un des plus agréables à écouter dans sa continuité depuis le début de l’année 2010. Il faut être insensible pour ne pas fondre devant la naïveté de leurs ballades construites sur des rythmiques simples et entraînantes, qui montent en puissance en s’appuyant sur des duos de voix jolies et maladroites (« One Last »), qui titubent en pleine chaleur au dessus des canyons (« Truh Sets In »), puis qui finissent par courir nues dans le sable chaud des dunes (« Summer Cum »). La bande sème un peu partout des traces de confrères du métier, laissant leurs harmonies vocales s’installer paisiblement sur des instrumentations qui rappellent le southern-rock contemplatif et subtil cher à Wilco (« Jessica », « Coaxed », « Can’t I Know »), avant de proposer quelques merveilles sonores inimitables, fières descendantes de la pop féérique des Shins de James Mercer et du folk-rock de Neil Young (« Five Little Sluts », « Remember Last Time », « Where’s Is Your Dirty Mind »).

Quand quatre jeunes talents de Long Beach se rencontrent et décident de cracher les plus belles influences musicales américaines dans des chansons d’été, le résultat s’avère monumental. Mélange d’innocence puérile et de désirs d’évasion, de folk-rock rouillé et de pop scintillante plus actuelle, la musique des Avi Buffalo s’apprête à vous bercer de longues années sans vous lasser.

Sortie: 27/04/2010

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par Thibault F.