Comme les Kings Of Leon l’ont fait il y a deux ans avec ‘Only By The Night‘, les Band Of Horses ont décidé de s’ouvrir à une audience plus large après deux bons albums. Logiquement moins complexe que par le passé, leur pop astrale se dévore avec autant de bonheur.

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La comparaison avec le dernier opus des Kings Of Leon s’imposait dans le sens où les Band Of Horses et leur ‘Infinite Arms’ pourraient bien connaître les mêmes réactions des critiques et du public. Lorsqu’un groupe typé indépendant part à la conquête du monde, quitte un label comme SubPop pour se retrouver chez Sony Music Entertainment, les préjugés quand à son avenir vont généralement bon train. En attendant, il s’agit toujours de musique, et dans le cas présent, de bonne musique. Fortement dégraissées, les compositions de ce nouvel opus marquent une vraie rupture avec leur passé, même si le son des mélodies et la voix de Ben Bridwell permettent à la bande de garder sa marque de fabrique. A la différence des deux albums précédents, ‘Infinite Arms’ s’est construit sur un format pop totalement radiophonique, et jouit par conséquent d’autant de morceaux que de potentiels hits. Moins denses, toutes plus directes et entraînantes, les douze nouvelles chansons s’assurent  au moinsde rencontrer un succès populaire. Le plus souvent agréables et bien ficelées, elles risquent tout de même de s’attirer les foudres de certains puristes.

Au plaisir sur la durée, les Band Of Horses ont privilégié cette fois plusieurs plaisirs éphémères. Le disque souffre d’une légère routine au fil des minutes, mais permet à ceux qui préfèrent picorer des titres ici et là de s’y retrouver. Quoi qu’il en soit, les américains arrivent encore à nous surprendre avec des tubes aussi évidents à l’écoute que parfaitement atypiques par leur dynamique (« Dilly », « Compliments »), et nous rappellent que leurs guitares acérées, mêlées à des harmonies vocales aériennes, forment encore de bien jolies mélodies supersoniques (« Laredo », « NW Apt. »). En dehors de ces quelques accélérations rythmiques, l’opus prend une tournure étonnamment calme et gracieuse. Peut-être l’escapade solo de Tyler Ramsey a-t-elle donné des idées à ses camarades. Avec ‘Infinite Arms’, les ballades s’échappent à un rythme quasi-industriel, jusqu’à fonder la quasi-totalité de l’album. Un choix surprenant, certes, mais qui se légitime par la variété de jeu proposée. Orchestrations minimalistes pour les unes (« Evening Kitchen »), épiques pour les autres (« Factory »), avant que d’autres influences rentrent en jeu. Un filet de blues suit des romances sous fond de guitares acoustiques (« For Annabelle », « Infinite Arms »), une ambiance country s’invite pourles séquences nostalgie (« Older »), avant qu’un trio sublime de virées spatiales ne complètent la tracklist (« Blue Beard », « On My Way Back Home », « Neighbor »).

L’orientation musicale adoptée par les ‘Band Of Horses’ ne plaire certainement pas à tout le monde, c’est une certitude. De plus en plus proche de de la pop mainstream classique, Ben Bridwell et ses complices ont en tout cas réussi leur pari. Pour continuer leur joli parcours, il leur faut juste ne pas faire une croix définitive sur leur passé et leurs premiers albums. Pour l’instant, ce n’est pas le cas.

Sortie: 18/052010

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par Thibault F.