
Homme multi-tâches, bien connu pour sa présence dans les Deschiens, ses rôles de cinéma ou ses éditos radio sur France Inter, François Morel est aussi chanteur. ‘Le Soir Des Lions’, son deuxième album, mérite une écoute attentive et inspire le respect.
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Sous ses allures d’artiste fantaisiste et atypique, François Morel dissimule des talents fous. Sa discrétion naturelle et son ton gentillet jouent parfois en sa défaveur. Le public n’a pas toujours prêté attention au bonhomme, mais les choses pourraient changer avec un petit effort de médiatisation autour de son nouvel opus. Fier héritier des chanteurs à textes qu’ont été Georges Brassens ou Boris Vian, l’artiste ne révolutionne pas la chanson française mais il la ressuscite. Fin manieur de la langue française, adepte d’une écriture ciselée percutante et poétique, créateur d’univers et d’humour absurde, François Morel reste une rareté en soi. Rareté d’autant plus précieuse qu’un auditeur peu habitué à ce registre musical ne se sentira jamais exclu. A la fois exigent et humble, il travaille ses chansons de façon à leur donner une couleur populaire, un entrain populaire, et évite – inconsciemment ou non – les étiquettes classiques qui pleuvent sur ce genre d’artistes. Ni bobo, ni snob, ni gaucho bien-pensant, ni élitiste, ni has-been, juste un grand monsieur de la chanson française.
Concernant la tracklist, difficile de rêver mieux. Humeurs variées, arrangements bien ficelés, alternances d’énergie et d’émotion, tout un programme pour ‘Le Soir Des Lions’. C’est certainement sur les compositions légères et décalées que le virtuose Morel s’en sort avec le plus de classe. Il inonde de mots d’esprits et d’anecdotes amusantes des pistes enfantines désenchantées (« Petit Homme », « Cas Sociaux »), des promenades automnales à vélo (« L’épouvantail ») et des lendemains de fêtes trop arrosées (« Eloge De La Lecture »). Les inconditionnels qui le suivent depuis ses débuts ne seront pas étonnés de voir leur coqueluche s’embarquer dans des délires textuels incontrôlées (« La Fille Du GPS », « La Bassine »), dans des mises en scènes théâtrales à l’efficacité imparable (« Faut pas exagérer », « La Sera Leoni », « C’est pas » feat. Helena Noguera). Mais après avoir provoqué des sourires en pagaille, c’est le coup de blues. Ce qui commence par de simples randonnées mélancoliques (« Pas Belle », « C’était Comment Déjà ») se transforme en discours touchants, fatalistes et profondèment tristes. Parfois Morel se déguise en clown pour faire passer la pilule plus facilement (« Le Bon Dieu Entre Nous »). Parfois il laisse tomber le masque et les sourires (« Fatigue Fatigue », « C’est Pourquoi Qu’on Vit »).
Vif d’esprit, talentueux, personnage métamorphe et doté d’une plume experte, François Morel se fond dans le grand passé de la chanson française avec crédibilité. ‘Le Soir Des Lions’ s’impose naturellement comme l’un des grands disques français 2010. Artisanal, agréable et intelligent. Vivement le prochain.
Sortie: 29/03/2010
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2 commentaires
j’adorais Morel en Deschiens, moins dans ce qu’il a fait par la suite. ses chansons sonnent un peu datées je trouve, c’est gentil, ça s’écoute vite et bien, mais j’ai du mal à accrocher à ce genre de chanson aujourd’hui.
Admirable, voir parfois impressionnant de se rendre compte que le bonhomme arrive à nous raconter une histoire et de nous emmener avec lui et cela en 3 minutes. On passe des rires aux larmes (le plus souvent de joie). Les émotions affleurent et nous emportes.
Merci Monsieur Morel.
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