
Après avoir fait pas mal le buzz sur la toile, la superbe Janelle Monáe envoie tout le monde dans les cordes dès son premier album. Au cœur d’un immense fourre tout musical principalement nourri au R’n'B et à la Soul, la grâce ne retombe jamais.
Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.
A l’écoute de ce recueil de 18 chansons, c’est presque une évidence: Janelle Monáe est une rareté en soi, une artiste touche-à-tout au charme ravageur et à la réussite insolente. Une novice déjà prête à devenir reine. En plus d’avoir tous les atouts pour faire exploser médiatiquement sa créatrice, ravir les amateurs de R’n'B, de musique soul et de dancefloor, ‘The ArchAndroid’ promet de ravir les critiques en quête de fraîcheur et de perles rares. Si les stars planétaires comme Beyonce ou Usher souhaitent tenir leurs rangs encore quelques temps, il va leur falloir mettre les bouchées triple et espérer que Janelle Monáe ne soit qu’un miracle éphémère. Pour un premier essai sur la piste du succès, la belle gazelle a rattrapé le temps perdu par beaucoup d’artistes préférant truster les charts en optant pour les effets de mode et le surplace inspirationnel. La native de Kansas City prouve encore une fois qu’il est possible d’allier la créativité à la réussite commerciale, et de réunir sous une même bannière tous les publics. Recouvertes d’une couche de groove à l’efficacité universelle, le rock, la soul, la pop, l’électro et le R’n'B se sont invités à la danse.
Et pas question d’utiliser la diversité musicale comme un simple prétexte de qualité ou d’originalité, Janelle n’étant visiblement pas du genre à se contenter du strict minimum. Son grain de voix, merveilleux d’énergie, d’élégance et de justesse, s’adapte naturellement à tous les genres. Qu’elle s’habille un instant en rock star (« Come Alive (War Of The Roses) ») ou se déhanche en robe de soirée sur des tubes R’n'B plus ou moins explosifs (« Cold War », « Tightrope », « Dance Or Die », « Faster »), la jeune artiste rayonne, impressionne par sa maturité et son aisance. Elle profite de ses multiples talents pour s’amuser avec les américains de Of Montreal (« Make The Bus ») sur des compositions électro-pop étrangement entêtantes dont les arrangements rappellent ceux de MGMT (« Wondaland »). Présente sur tous les fronts, la diva donne corps et âme pour briller en toutes circonstances. Rien ne l’arrête, ni les ballades minimalistes et aériennes (« 57821″) , ni les complaintes soul partagées entre les seventies (« Sir Greendown », « BaBopBye Ya ») et l’univers d’Alicia Keys (« Say You’ll Go », « Oh Maker »), ni le psychédélisme rock et autres expériences bizarroïdes (« Mushroom And Roses », « Neon Valley Street »). Seules quelques interludes classieuses (« Suite II Overture », « Suite III Overture », « Neon Gumbo ») et un single relativement classique (« Locked Inside ») feront redescendre sur Terre cette artiste définitivement hors-pair.
S’il fallait un chef d’œuvre universel pour 2010, le choix se porterait sans l’ombre d’un doute sur un disque de la trempe de celui-ci. Beau, dansant et doté d’une richesse mélodique impressionnante, ‘The ArchAndroid’ marque les esprits et l’arrivée d’une étoile filante inespérée pour le R’n'B: Janelle Monáe.
Sortie: 18/05/2010
Autres chroniques: Pitchfork – Goûte Mes Disques – The Music Rainbow - Le Gueusif Online

5 commentaires
superbe album. Le meilleur de l’année (jusqu’ici). Ma chro est en ligne
j’ai écouté aussi, premières écoutes encourageantes, un album qui demande à être fouillé !
Définitivement L’album grand public de l’année. La vague de fraicheur qu’on attendait !
Pas mieux! Petite précision : contrairement à ce que leur nom indique, Of Montreal n’est pas un groupe canadien (ils viennent d’Athens, comme R.E.M.).
Très bon article… je découvre l’artiste!
Laisser un commentaire