Pour tous ceux qui aiment le rock’n'roll popularisé par Bruce Springsteen depuis les années 70, jetez vous sans réfléchir sur le troisième album de la troupe nommée The Gaslight Anthem. Au programme, des mélodies électrisantes transcendées par une voix granuleuse, celle de Brian Fallon.

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Beaucoup de groupes de rock brillent sous leurs labels indépendants, profitent de leur originalité et offrent une alternative bienvenue aux machines de guerre du genre dirigées par les U2, les Killers ou autres Green Day. Naît alors, bien souvent, une petite guérilla musicale, confrontant fervents admirateurs de musique indépendante et défenseurs acharnés de musique mainstream. Entre les deux clans, les attaques et arguments fusent, sans toucher leurs cibles. « Millions d’albums vendus » pour les uns, « arnaques commerciales » pour les autres. Ca défend son bout de gras, comme si les comparaisons de talents entre groupes, entre artistes, devenait inévitable. Un débat qui ne se limite bien évidemment pas au rock, mais que personne n’est capable d’endiguer, chacun étant trop occupé à faire valoir sa vérité. Heureusement, il arrive encore que certains groupes changent un peu la donne, et qui, sans forcément réussir à rallier les clans, prouvent que ce débat n’a aucun sens. Signé chez un label indépendant, The Gaslight Anthem met les pieds dans le plat et s’installe avec autorité au milieu de bandes habituées aux salles immenses et aux groupies hystériques. Une véritable prise de risque, entamée il y a trois ans avec ‘Sink Or Swim’, qui conforte l’idée que les termes « mainstream » et « indépendant » laissent peut-être envisager des tendances, mais certainement pas des règles définies.

Preuve en est avec donc avec le nouvel opus de ces gars du New-Jersey, qui s’inscrit dans la continuité de leurs travaux précédents. Pas de hype, pas de retour dans les années 60, pas de tentatives expérimentales et de mélodies originales, pas de facilités commerciales non plus. Simplement du rock’n'roll décoiffant, porté avec une énergie sans faille, un songwriting sincère et une maîtrise collective à rendre jaloux beaucoup de leurs confrères. Un album classique, certes, mais monstrueusement efficace. En marge des productions underground et des productions grand public, ‘American Slang’ ouvre modestement une nouvelle ère du rock. En bon général, Brian Fallon pousse ses camarades à se dépasser. Qu’importe les rythmiques, qu’importe les refrains, les murs tremblent au passage des mélodies, s’écroulent sous des rafales de générosité et d’intensité. Pour propulser son public dans des cascades d’adrénaline, les morceaux possèdent tous leur petit plus. Avec leur savoir-faire mélodique unique,  The Gaslight Anthem use du swing nerveux des Clash (« The Queen Of Lower Chelsea »), cisèle ses mélodies pour leur offrir plus de percussion lorsqu’elles accélèrent (« Old Haunts », « Boxer »), crée des paradoxes en construisant des hymnes de stade minimalistes (« We Dit It When We Were Young »). Une fois entrés dans leur jeu, leur ferveur adolescente (« Stay Lucky », « Orphans ») et les prouesses vocales de Fallon (« Bring It On », « American Slang », « The Spirit Of Jazz ») vous balance dans des tourbillons de sueur desquels il est bien difficile de s’échapper.

The Gaslight Anthem produit au fil des ans des compositions de plus en plus catchy. Plus que de simples hits, leurs titres dégagent une puissance quasi infinie et s’appuient sur un équilibre batterie/guitares de très grande classe. Si le rock’n'roll doit avoir un avenir, il passera avant tout par la réussite de ce groupe.

Sortie: 15/06/2010

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par Thibault F.