
Les canadiens de Forest City Lovers nous reviennent à la fin du mois pour un troisième album pop-folk drôlement accueillant. Chez les canadiens, les mélodies tanguent sur un océan, frôlé ou pleinement agité par le souffle de la princesse Kat Burns.
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A priori, rien ne différencie cette bande de Toronto aux autres talents du milieu indie-folk de la grande Amérique. Ils ne paraissent ni plus talentueux ni plus originaux que les autres, mais, pour une raison qui échappe, savent se montrer très attractifs. Leurs compositions se laissent adopter en un clin d’œil, infimes secondes nécessaires pour que le charme opère en bonne et due forme. Plutôt que de limiter leur album au timbre de voix naïf et craquant de leur chanteuse principale, les musiciens varient les plaisirs, s’efforcent à jouer juste, de somme à ce que chaque chanson puisse disposer de ses petits trésors sonores. La tracklist se déroule, la notion de minutes se dissipe, le bonheur s’étend. La barque des canadiens se retrouve la majeure partie du temps dans des eaux sans courant, sous un soleil d’or ou dans une brume noire, avant d’essuyer quelques rares tempêtes mettant en péril tout un équipage. Les changements rythmiques dynamisent considérablement l’opus, les variations d’atmosphère relèvent son intêrèt, et les instrumentations, ravissantes et fouillées, l’enveloppent d’une lumière divine.
Ils changent de cap et de décor à chaque morceau, transformant leur musique en une aventure permanente, non dénuée de charme et de fraîcheur. Le quintet s’envole sur des comètes à la conquête des étoiles, catapulté à la vitesse du son par des mélodies pop évoquant aussi bien les New Pornographers (« Constellation ») que les Stars (« Minneapolis »), deux autres bandes maîtresses dans le domaine. Les références sont présentes, ce qui n’empêche pas le groupe de dévoiler sa personnalité. Détenteurs d’un univers sonore plus riche et dense que la moyenne, les Forest City Lovers passent du coq à l’âne, de fables folk bercées par l’ombre et le mystère (« Oh The Wolves », « Sea To Land ») à des choeurs angéliques (« Tell Me, Cancer »), d’hymnes militaires Lo-Fi (« Keep The Kids Inside ») à des toboggans pop vertigineux (« Phodilus & Tyto »), de duos nostalgiques écrasés par des claviers voltigeurs (« Pocketful Of Rocks ») à des singles enchanteurs plus sucrés (« Light You Up », « If I Were A Tree »). Le seul petit défaut d’inspiration (« Believe Me ») n’effacera pas le tour de force collectif réalisé sur ‘Carriage’.
En continuelle progression, les Forest City Lovers tiennent avec cet opus la plus grande réussite de leur discographie actuelle. Créatifs, soucieux de mettre équitablement en valeur chaque instrument, ils ajoutent à un cocktail pop-folk très aérien une touche de féérie et de variété, que beaucoup d’artistes pourraient leur envier.
Sortie: 29/06/2010
Autres chroniques: à venir

3 commentaires
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whee!
[...] Pour nos amis Francais [...]
Comme tu l’dis, ya un truc chez eux qui fait qu’on accroche tout de suite. Pourtant c’est ni fou, ni original.
Ce petit je ne sais quoi qui fonctionne tout de suite.
Belle découverte en tout cas.
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