
Panthère blonde comme il n’en existe plus aujourd’hui, Grace Potter et ses compagnons les Nocturnals foncent toujours en direction du classic rock des seventies. Rien de bien nouveau à se mettre sous la dent mais leur Amérique demeure toujours aussi coolos, croulant sous le sable et le soleil.
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L’été s’invitant au calendrier dans quelques jours, mieux vaut se préparer à profiter des belles journées dès maintenant. Avec leur nouvel opus studio, le quatrième déjà en quelques années d’existence, ce groupe du Vermont vous donne l’occasion de visiter les Etats-Unis à bord d’une vieille chevrolet des années 70. Le guide touristique de ce road-trip improvisé? Grace Potter, multi-instrumentaliste au timbre ultra-sexy et parfaite reproduction des icônes rock féminines les plus marquantes du pays. Nouvelle Jefferson Airplane, nouvelle Patti Smith? Aucune idée. En attendant, elle peut au moins se targuer d’être une héritière modèle, tant elle incarne la simplicité, l’énergie et la rock-attitude de leur époque. Pour tous ceux qui rêvent de la grande Amérique à travers de vieilles wayfarer et les hits des Rolling Stones, autant dire que le voyage en leur compagnie s’annonce très agréable. Les années 60-70′s reviennent chaque jour un peu plus à la mode chez les artistes de ce siècle, mais chez Grace Potter & The Nocturnals, elles sont devenues une véritable obsession. A l’exception d’une production plus percutante que pour ses aînés, cet album s’est fondé sur la recette originale du rock’n'roll. Comprendre de la pêche, un son forcément rétro et des mélodies décontractées du slip.
Parce que la traversée des Etats-Unis va être longue, ils vous ont concocté une grosse poignée de tubes énergisants qui remplaceront vos besoins en boisson Red Bull et transformeront les heures de route en un bon souvenir entre potes. La batterie botte les fesses, les guitares prennent feu et tournent en boucle (« Medicine », « Paris (Ooh La La) »), les refrains s’enfoncent dans le crâne à coup de marteau (« Oasis », « Only Love »), et Grace Potter joue déjà à 26 ans les vieilles crooneuses, comme si elle connaissait déjà tout du rock et n’avait plus rien à apprendre (« Hot Summer Night », « The Phone »). Formé en 2004, le groupe est arrivé à maturité en six ans à peine. Dans leur registre, ils disposent de la panoplie complète pour mettre au monde de beaux bébés. La touche de charme et de sensualité d’une leadeuse incroyable, indispensable pour humidifier les ballades asséchées de la bande, traditionnelles pour les unes (« Colors », « Things I Never Needed »), reggae-folk (« Goodbye Kiss ») et bluesy (« Low Road ») pour les autres, mais aussi le groove qui semblait enterré dans le cimetière de la musique Motown (« Money ») et l’efficacité pop des années 2000 (« One Short Night »). Petit bémol cependant dans cette avalanche d’excellents morceaux, avec comme choix de premier single (« Tiny Light »), une composition pop-rock qui ne reflète pas un instant les qualités du groupe et la direction musicale de l’album.
L’année dernière, les Shaky Hands rendaient honneur à l’âge d’or du rock en réalisant un mélange pétillant de Bob Dylan et des Rolling Stones. Cette année, s’y sont collés des américains en forme olympique. Sous les pieds de Grace Potter & The Nocturnals, le rock’n'roll à l’ancienne renaît de ses propres cendres.
Sortie: 08/06/2010
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1 commentaire
Honnêtement, là la première chose qui me vient en tête c’est « Mais Bordel ! »
Ouai parce que autant j’ai pas aimé le premier album, autant celui-ci est complètement différend.
Je sais pas ou ni comment elle a trouvé toute cette rage, cette folie, mais je la trouve merveilleuse cette Grace. Et ses musicos aussi. Ça faisait si longtemps que j’avais pas entendu un groupe qui me foute autant les noises à l’envers, qui m’renverse complètement. Finalement le rock, le vrai n’est peut-être pas mort.
En tout cas j’ai l’impression de revivre grâce à eux.
Thib ta chronique est génial.
Merci
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