C’est en plein été et sous une chaleur caniculaire que Mikey S. vous invite sur les plages électroniques de son projet solo ‘Blackbird Blackbird’. Entre pop et chillwave, son premier album ‘Summer Heart’ inonde d’eau glacée les touristes à la peau rouge écrevisse. Et ça soulage, c’est clair.

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Alors que Delorean et son excellent ‘Subiza‘ pensait rentrer seul dans les valises des vacanciers, voilà qu’un type venu de nulle part, qui ne laisse traîner que très peu d’informations le concernant sur sur la toile, s’apprête à concurrencer en douceur la bande espagnole. Et marche pour l’occasion sur les pas des leaders du mouvement chillwave, à savoir les Memory Tapes, les Neon Indian ou encore les Washed Out. Mikey S. n’aura pas eu besoin d’une décennie pour imprimer son style. Ses vagues de synthèse enrobées de glucose et colorants, agitent calmement la mer. Chez Blackbird Blackbird, pas question de brusquer le public à coups de rouleaux électroniques et tempêtes expérimentales. Gorgées d’exotisme et parées d’un filtre rétro, les mélodies éclatantes du californien accompagnent les passe-temps des plagistes déshydratés en leur procurant plus de fraîcheur et de bien-être qu’un grand verre de limonade. Avec autant de jolies pistes dans les oreilles, l’optimisme et l’idéalisme renaissent en même temps que les rêves. La Méditerranée emprunte les couleurs des caraïbes, les buissons pourris couvrant les dunes se métamorphosent en cocotiers et les pâtés de sables déformés des bambins ressemblent à des châteaux médiévaux presque crédibles. Aussi homogène qu’une bande originale de film, humble mais sans mauvaise surprise, le premier opus de l’américain est, à prix cassé, une séance de relaxation incomparable.

On retrouve sur ‘Summer Heart’ une vaste collection de morceaux essentiellement instrumentaux, crées pour l’occasion ou issus des précédents singles et EPs, et qui ne dépassent jamais les trois minutes. D’où cette impression permanente d’écouter une bande son estivale plutôt qu’un album studio plus classique. Il n’empêche que dans cet amas de couches synthétiques savoureuses, les summer hits se dessinent à la pelle. Même si l’on reste à des kilomètres des déhanchés électro furieux des dancefloors. Après une introduction sous forme de massage reposant (« Blurring Lines »),  Blackbird Blackbird offre à ses chansons une traversée du monde depuis San Francisco et des chœurs pop éthérés, qui n’ont au final rien à envier au groove de l’excellent ‘Paper Planes’ de M.I.A, exemple du tube planétaire dépaysant par excellence (« Summer Heart », « Hawaii », « Avalanche », « Aura », « Let’s Move On Together », « Sunspray », « Happy High », « Pure »). Dans un album unicolore et – sans connotation péjorative ici – relativement monotone, les différences entre les titres passent par de légères nuances: bruitages tropicaux (« Kings »), évolutions vers une pop moins immatérielle et vaporeuse (« Dreams I Create », « So Sorry Girl », « Ups & Downs »), dérapages expérimentaux (« Heartbeat ») et psychédéliques légers (« Float On (Modest Mouse Cover)« ).

L’excellent label Arcade Sound Ltd. (Kiss Kiss Fantastic, Coolrunning, Arts + Krafts, … ) tient dans ses rayons une nouvelle valeur sûre du nom de Mikey S. Roi du chillwave aux parfums enivrants, il laisse avec ‘Summer Heart’ l’une des signatures artificielles les plus belles dans le ciel bleuté de l’été, à contempler des heures et des heures sans se lasser.

Sortie: 02/07/2010

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Autres chroniques: à venir.

par Thibault F.