The Stone Foxes, quatre fous furieux de San Francisco décidés à réveiller les démons des Rolling Stones, refont surface avec un deuxième album brûlant intitulé ‘Bears & Bulls’. Une traversée  bluesy et rock’n'roll mémorable à travers la vieille Amérique.

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La naissance du groupe californien ne date pas de l’époque du noir & blanc. Non. C’est en 2005, au milieu des Red Bull, des Iphone et des 4X4 à pots catalytiques, que ces quatre musiciens se sont regroupés sous un seul et même non: ‘The Stone Foxes’. Après une première tornade éponyme frappant leur région en 2008, ils sont de retour avec l’envie ferme d’envoyer tout le monde au tapis. Pour se faire, les américains ont composé et enregistré une bonne douzaine de tubes rock’n'roll. Des classiques absolus qui fument encore, rougis comme les morceaux de charbons consumés par les flammes d’un barbecue. Chez ces types, le rock sent bon les pieds, les cactus, la poussière, le cuir et la sueur. Et ça a son importance. Parce qu’ici l’écriture et la qualité des arrangements – pourtant irréprochables – passent largement au second plan au profit de la démarche générale de la bande. A savoir retrouver les sensations rock d’antan, cette énergie brute incomparable que pouvait nous procurer un ‘Gimme Shelter’ des Stones ou un ‘Black Dog’ des Led Zeppelin. A l’évidence, la musique des années 60 et 70 de la grande Amérique représente pour eux un modèle qui ne doit pas rester à l’étage de la simple influence. Mais plutôt devenir une ligne directrice. Là où beaucoup empruntent cette période avec brio mais précaution (The Shaky Hands, Dr. Dog, …), eux ont tendance à l’arracher franco, riffs TNT, basse vrombissante et chœurs volcaniques à l’appui.

‘Bears & Bulls’ se vit comme une longue virée rétrospective en locomotive à vapeur. Au temps où les cowboys et leurs colts faisaient encore la loi. Au temps où demander une Smirnoff Ice aurait été considéré comme un crime dans les bars de la ville. Ce sont sous des litres de whisky, dans des saloons bondés de malfrats et de pauvres types jouant aux cartes que les morceaux des Stone Foxes démarrent sec. Un harmonica guilleret (« Stomp »), puis déchaîné, qui appelle à la prudence avant le grand balayage électrique, le début des hostilités (« Mr Hangman »). Le début des hymnes de coyotes, des cavales à la Gaslight Anthem où les guitares hurlent au loup (« Passenger Train »), où les rigolos sur le chemin de la bande finissent à l’horizontale dans une palette, assommées par leurs compositions ultra-catchy et leurs refrains puissants comme une décharge de fusil à pompe (« I Killed Robert Johnson », « Young Man », « Patience »). Le moins que l’on puisse dire en tout cas, c’est que la musique des américains déménage sérieusement. Dans tous les registres: Rodéos groovy et crasseux (« Hyde & Pine »), complaintes bluesy ancestrales (« Rooster ») et séances de mitraille vocales et électriques dans les rues du Nevada (« Reno »). Quand la tension redescend, que les esprits se calment, la qualité de songwriting reprend l’avantage sur la débauche d’énergie. Du rock’n'roll sans concession, le groupe s’évade progressivement vers l’univers folk. Non sans classe. A tirer un sourire niais à n’importe quel clampin prisonnier de son hamac sous le soleil de San Francisco (« Easy »). A forcer l’admiration même, quand leur écriture se mêle avec mélancolie à la fureur rock’n'roll présente sur la plupart des hymnes de l’opus (« Come Again », « Through The Fire »).

Amoureux du rock, du blues, du folk, des Etats-Unis de Dylan et des Stones, des vieux westerns et des vieilles cadillacs, cet album est fait pour vous. Détonnant, sincère et chaleureux, ‘Bears & Bulls’ est une petite merveille. Un périple de rock intense et éreintant sur le moment qui se transforme avec le temps en un super souvenir.

Sortie: 06/07/2010

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par Thibault F.