
Fin août, l’électro-rock envoûtant des Adam Kesher passe la vitesse supérieure sur un deuxième album nommé ‘Challenging Nature’. Au menu, un songwriting somptueux et des refrains inoubliables qui devraient assurer pour de bon leur succès de l’autre côté de l’océan.

Décidément, les jeunes frères des rois Phoenix se retrouvent tous sous la bannière Disque Primeur. L’exportation fantastique des versaillais donne depuis quelque temps des idées à d’autres talents issus du territoire. Suite aux très bons débuts des Fortune cette année, avec leur très chic ‘Staring At The Ice Melt’, leurs collègues de label n’ont également pas fait les choses à moitié pour donner naissance au successeur de la tornade ‘Heading For The Hills, Feeling Warm Inside’. Déjà épatant il y a deux ans, le groupe franchit les paliers du talent avec une vitesse hallucinante. Moins bestiaux qu’à leur commencement, ils diffusent leur groove sur de nouvelles compositions plus maîtrisées, plus lisibles et élégantes. Fini le léger temps de préchauffage requis par le passé pour appréhender leurs mélodies farouches. Désormais, les Adam Kesher tâchent de placer tout le monde dans le bon wagon avant l’entame de la tracklist, histoire de profiter au maximum de la déferlante synthétique. Aux côtés de Dave One et de pointures comme Philippe Zdar et A-Trak aux mixes, les girondins s’épanouissent en même temps que leur musique gagne en éclat et en confort. Dépassant de loin les attentes classiques générées par l’arrivée d’un second disque, ‘Challenging Nature’ ne confirme pas seulement les qualités entrevues chez le groupe. Il s’installe avec autorité dans le cercle fermé des chefs d’œuvre de musique électronique accessible.
Le complexe d’infériorité qui ronge souvent les bandes de chez nous, persuadées de ne pas faire le poids face aux grosses machines étrangères, n’effleure même pas l’esprit de Pierrick Devin et ses potes. Certains de tenir la comparaison avec les américains ou les britanniques sur le terrain de la production, ils s’efforcent d’ajouter à leur travail la frenchy touch qui fera la différence. La pointe de romantisme et de charme sur lesquelles les pistes de Phoenix fondent une grande partie de leur réussite. Si l’électro-rock des Adam Kesher va cartonner, c’est pour l’impression de non rigidité absolue qu’il laisse derrière lui, le sentiment permanent de découvrir sous sa densité sonore une somme infinie de trésors. Sur ce nouvel album, même les hits les plus évidents subissent la finesse d’écriture des musiciens. En périphérie de refrains absolument fabuleux – qui valent largement à eux seuls l’acquisition de l’objet – les bordelais essorent les dancefloor à l’aide de boucles artificielles ultra-catchy (« Hundred Years Later », « Knock Myself Out », « Hour Of The Wolf »), de montées en puissance torrides, soutenues par des claviers désorientés (« Attraction »), avant d’expérimenter davantage. Mélodies à tendances pop flottant dans les nuages (« Waterfall », « Julien, Julie »), percussions tribales rafraîchissantes (« Gravy Train »), longues virées noires new-wave (« Blue Purple »), clappements de main coulées dans une fournaise de sonorités paillettes(« Kiss Me Kinski »), autant de petits plaisirs inclus soigneusement dans un album majestueux.
Le quintet a toujours eu le talent nécessaire pour sortir un très grand disque. Avec ‘Challenging Nature’, les défauts inhérents au premier opus on été balayés (excès de folies, compos parfois brouillonnes, …) et l’inspiration, l’implication et l’application du groupe ont fait le reste. Les Adam Kesher accouchent d’une œuvre exceptionnelle en tous points, à rendre d’ores et déjà jaloux tous les artistes en devenir de notre pays.
Sortie: 30/08/2010
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2 commentaires
je ne suis pas aussi enthousiaste que toi, mais ça reste un album super agréable… et merci pour le lien.
Pas réussi à rentrer dedans. Bien foutu mais sans challenge. Je crois que j’ai justement trouvé que ça manquait d’élégance…
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