
Un concert de Josh Ritter peut-il sincèrement commencer autrement que par la chaleur et la convivialité d’un “Good Man” qui lui ressemble tant ? Comme une annonce des presque deux heures et demi de complicité qui suivront, c’est sur les notes généreuses d’un des titres phares de son quatrième album, ‘The Animal Years’, que le petit (par la taille mais sûrement pas par le talent) américain a déboulé le 16 Septembre dernier sur la scène bruxelloise du Botanique avec son armée de gentlemen endimanchés et son plaisir tout simple mais authentique d’être là.

Ce qu’il y a de plus frappant durant un concert de Josh Ritter, au delà de l’improbable présence de Salvador Dali à la basse, c’est l’incroyable joie communicative que le bonhomme est capable de refiler à tout son auditoire. Des MST comme celle-là, on en reprendrait en dessert tous les soirs! Avec sa moustache gentiment rétro, son sourire dans le porte-flingue toujours prêt à dégainer et ses petits yeux pétillants souvent cachés par des pommettes saillantes de bon vivant, le type trimballe sa tronche de super copain à tout bout de champs, et en profite au passage pour mettre son public dans sa poche en trois coups de cuillères à pot. Jamais avare en petits mots (souvent marrants) entre deux envolées, l’ami Josh a un sens du partage assez rare dans le métier, ce qui ne fait évidemment que rendre le personnage un peu plus sympathique encore. On aurait de toute façon du mal à ne pas le porter dans son cœur tant sa générosité sur scène ne semble avoir d’égal que la complicité contagieuse qui unit le chanteur au reste du groupe. Tant mieux pour nous.
On aurait en effet tort de bouder notre plaisir: Profitant d’admirer le bonheur simple mais tellement authentique du groupe de jouer ensemble, on en récolte sans même vraiment le demander une inimaginable avalanche de perles, le groupe passant en revue presque l’intégralité de son dernier album, So Runs The World Away, satisfaisant les premiers amoureux en ne négligeant aucun de ses classiques, se risquant sans fauter aux reprises de grande classe (Neil Young et Bob Dylan, excusez du peu), se lançant dans des duos acoustiques tout remplis d’émotion avec Dawn Landes (première partie et accessoirement… Madame Ritter dans la vie…) et finissant de nous régaler en improvisant carrément des chansons à la volée juste pour le plaisir et en les accompagnant de paroles complètement déjantées dont je me souviendrai longtemps (eh oui, ‘Orangerie’ rime étonnamment avec ‘Boulangerie’… comprenne qui pourra!).
Non, vraiment, on ne peut pas sortir d’un concert de Josh Ritter sans l’âme d’un gamin gâté par un noël des grands soirs, sans ce drôle de sentiment d’avoir vu s’amuser sur scène un groupe de copains qu’on n’aurait plus vu jouer ensemble depuis des lustres, sans cette impression toute bête d’être un peu plus privilégié que les autres, tout simplement. Car non content de vous offrir une interprétation lumineuse d’une bonne partie de son répertoire, Josh Ritter vous laisse repartir avec un petit bout inestimable de ce qu’il sait le mieux faire, sourire. Et ça, bien évidemment, ça n’a pas de prix !
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+ Chronique de ‘So Runs The World Away‘ – Sortie le 04 Mai 2010 – Acheter sur Itunes
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