
En plein virage électro–rock depuis leur récent chef d’œuvre ‘Amor Vincit Omnia’, les Pure Reason Revolution réalisent en quatre ans une admirable passe de trois grâce à un nouveau joyau noir et synthétique nommé ‘Hammer And Anvil’.
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Rien à faire. Ces british-là, on les adore et on les chérit. Pour un tas de raisons autre que la beauté divine de leur musicienne et chanteuse Chloé Alper. Au cœur d’une Angleterre dont les talents débordent depuis des dizaines d’années, Pure Reason Revolution apparaît comme l’une des plus belles et discrètes promesses des années 2000. Surfant d’abord brillamment sur la vague progressive-rock – remise au goût du jour par des groupes comme Porcupine Tree et Oceansize – le groupe anglais va ensuite très vite diversifier son répertoire en sacrifiant ses inspirations floydiennes au profit de mélodies saturées en beats hypnotiques et harmonies hallucinogènes. Un changement de direction musicale radical, osé, voir franchement risqué pour des artistes en pleine éclosion, qui aboutit dès 2009 en un miracle inespéré. Partagés entre le désir de produire de méga-tubes et le souhait de conserver des traces de leur passé progressif, les PRR composent des morceaux hybrides évolutifs qui combinent de façon époustouflante les notions de puissance et d’élégance, de virilité et de féminité. Depuis leur ‘Amor Vincit Omnia’, les anglais démontrent qu’il est possible d’affoler des dancefloors sans avoir recours à des mélodies vulgaires et à des abus de facilité. ‘Hammer And Anvil’ – l’effet de surprise en moins – s’inscrit dans la lignée de cet opus et prouve encore une fois à quel point il est regrettable que le quatuor explose sans faire sourciller les médias.
Dans une époque musicale où les recycleurs des années passées déboulent en masse et où les créateurs s’épuisent vainement en en faisant des caisses (Grizzly Bear, Aufgang et autres expérimentateurs du dimanche), le génie et l’insouciance de Pure Reason Revolution font un bien fou. Toujours aussi doué pour rendre leur univers sombre et métallique perméable aux émotions, le groupe démontre aussi avec son troisième album qu’il murit patiemment. De moins en moins complexes mais de plus en plus riches, leurs compositions gagnent en intensité et en efficacité. Et si l’étiquette progressive ne semble pour certains puristes ne plus vraiment coller à la troupe, leurs nouveaux titres métamorphiques tendront à leur prouver le contraire. Dans cette apocalypse électro-rock originale et addictive, l’histoire du groupe s’écrit d’abord à coups de beats catchy, de voltiges aériennes et refrains légendaires (« Never Divide », « Valour », « Over The Top », « Black Mourning »). Une fois posées les bases, Willcox et ses copains repoussent au maximum les limites de leur talent individuel. On commence par booster ses mélodies à l’aide de boucles synthétiques bouillonnantes propulsées comme des dragsters (« Fight Fire ») pour finir avec un feu d’artifice magistral sur l’autoroute de la mélancolie (« Armistice »). Entre temps, des riffs gargantuesques pour tous ceux qui auraient oublié leurs influences métal (« Last Man, Last Round ») et deux longues expériences mélodiques, qui, placées côte-à-côte, rappellent l’aisance déconcertante avec laquelle Pure Reason Revolution est devenue une bande touche-à-tout (« Blitzkrieg », « Open Insurrection »).
Aux vues du parcours atypique des anglais, ‘Hammer And Anvil’ ne peut pas être considéré comme une simple confirmation d’un groupe à gros potentiel. Jugés géants par de nombreuses critiques spécialisées dès la sortie de leur premier album ‘The Dark Third’, les Pure Reason Revolution continuent de fabriquer dans l’ombre un argument artistique intelligent et universel en réponse au formatage musical souvent désespérant causé par les lois du succès.
Sortie: 18/102010
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4 commentaires
Je trouve ce nouvel opus plus électronique que le précédent.
Un très bon cru en tout cas !
Après les éloges sur les Kings Of Leon, tu continues à aggraver ton cas
Non, je plaisante, mais je n’aime pas du tout ce genre de musique. C’est un avis personnel mais je trouve que ça manque singulièrement de finesse (et c’est un euphémisme…)
En comparaison, traiter Grizzly Bear d’expérimentateurs du dimanche, c’est juste… pas possible.
Chez La Quenelle, il faut croire qu’on aime faire chier le monde. Même sans faire exprès. Et j’enfonce le clou pour Grizzly Bear, qui si je ne leur enlève pas leur talent pur, me paraît être une sacrée arnaque déguisée
.
Enfin, après, les goûts et les couleurs hein comme on dit …
Thanks pour être passé lâcher un comment !
Moi j’ai l’impression qu’ils m’ont donné le dernier album d’unkle que j’attendais presque dévoré d’impatiente et qui s’avère être inutile.
Après, je sais pas si on peu dire d’eux des génies. Ils ont pas inventer un monde non plus. Mais ils sont bons, ça c’est sur.
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