Après l’été et les séances de bronzage sous l’électro-chillwave rougeoyant de Blackbird Blackbird et Beat Connection, veuillez accueillir en automne les compositions beachy du premier EP de Wishing Wars. Retour somnolent sur une plage de sable fin bordée d’une mer turquoise.

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Hormis son pseudonyme artistique, on ne connaît pas grand chose de cette jeune et nouvelle étoile de la chillwave hormis qu’il nous vient du Michigan. Un myspace réduit à son utilité minimum, pas de biographie,  pas de prénom et des photos prises via webcam. Bref, le soldat inconnu quoi. Un statut qui devrait – espérons-le – changer sous peu puisque son EP ‘Swim’ possède bien assez de qualités pour le faire rentrer directement dans la cour de récréation des grands. Dans cette douce bulle sonore flottant sous les palmiers qui accueille entre autres Teen Daze, Washed Out, TV Girl et les artistes sus-cités. Avec six petites compositions en tout et pour tout, l’américain impose déjà une marque, un savoir-faire qui n’a rien d’anodin dans un registre aussi statique que le chillwave. Là où certains ne conservent aucune trace d’émotion au cœur de leurs boucles sonores épileptiques, Wishing Wars en fait son atout principal. Ses mélodies ne forment pas seulement un prétexte à évasion et ne sont pas seulement un concentré en rythmiques hallucinogènes. Elles possèdent toutes un petit quelque chose en plus qui les différencie des productions habiteulles du genre. De la même manière qu’il existe ce qu’on appelle des feel-good movies, il existe aussi des feel-good albums et ‘Swim’ en fait incontestablement parti.

Le jeune musicien nous emmène sur une plage déserte pour des vacances virtuelles de rêve. 30°C, le bruit des vagues, un ciel dégagé et un hamac attaché entre deux cocotiers. Voilà à peu près l’image que renvoient les pistes sucrées et élastiques d’un Wishing Wars en mode cool, parti en direction d’un peu d’exotisme. Et il faut bien reconnaître que pour envoûter et relaxer ses auditeurs, le bonhomme sait y faire. Son relatif manque d’expérience et son humilité le poussent à faire simple et la simplicité lui réussit si bien que trois des six morceaux présents sur l’EP ne correspondent ni plus ni moins à ce que l’on a pu écouter de mieux en chillwave cette année. Comme raisons de ce mini-triomphe musical, une justesse mélodique hors-concours et une avalanche de sonorités strass et paillettes particulièrement hypnotiques (« Swim », « Beach », « Sun Kids »). Trois hits étoilés suivis par trois compositions un brin moins impressionnantes mais qui, entre une descente bourrée d’écho dans les profondeurs de l’océan (« Sleep ») et quelques couches de claviers made in Beat Connection (« Aurora », « In Motion ») s’avèrent efficacement ficelées.

Sorti de nulle part depuis le Michigan, Wishing Wars envoie déjà des signes forts pour la concurrence. Bien qu’encore très proche d’artistes officiant dans son registre, son habileté mélodique et sa capacité à sentimentaliser ses morceaux semblent aujourd’hui lui donner un avantage évident. A peine débutant et peut-être déjà le prochain king de la chillwave. A suivre.

Sortie: 16/10/2010

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par Thibault F.