
Duo mignon-naïf élaborant peu-à-peu une discographie en forme de poésies enfantines, Cocoon profite de la sortie de son second album ‘Where The Oceans End’ pour affirmer doucement son style à l’aide de nouvelles mélodies féériques.
Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.
En quelques années à peine, Cocoon est passé d’une jolie histoire du web à une jolie histoire tout court. Personnages attachants, auteurs humbles d’une musique légère à forte personnalité, Mark et Morgane sont devenus deux jolies et discrètes icônes de la pop-folk made in France, malgré leur décision d’écrire dans la la langue de Shakespeare. Fraîches comme des tic-tac à la menthe et plutôt épurées, leurs compositions oniriques ne laissent transparaître aucune influence commune. Que l’on adhère ou non à leur univers candide et enchanteur, il faut lui reconnaître son originalité. Originalité d’autant plus impressionnante que le chant anglais n’a pas empêché le duo de s’éloigner complètement des clichés communs à la pop-folk anglo-saxonne. La créativité de Cocoon semble s’être installée à vie sur une île aux jouets déserte, isolée, inaccessible. Des dizaines de petits trésors que le groupe déterre du sable et couvre d’un tissu de soie avant de les laisser arpenter la flore sonore minimale de leurs morceaux. Seul petit bémol à cette mécanique de mieux en mieux huilée, ‘Where The Oceans End’ se fait souvent rattraper par le fantôme de son prédécesseur malgré une élégance bien supérieure. L’univers Cocoon a beau être profondément beau et chaleureux, il n’en reste pas moins parfaitement statique et unicolore. Un constat frappant à l’écoute d’un deuxième album plus frère jumeau de ‘My All Friends Died In A Crash Plane’ que frère tout court.
Dès lors, il ne s’agit pas tellement de chansons réussies ou ratées mais d’une homogénéité qui peut-être lassante. Les clermontois s’accrochent à leurs comptines acoustiques sautillantes, les arrangent avec grand soin, mais y semblent condamnées. Et pour dire vrai, c’est un peu triste. Pour une fois que de jeunes artistes se forgent un petit monde musical affranchi de toute inspiration recyclée, voilà que l’oxygène se fait déjà rare. Cocoon donne l’impression de tourner en rond sur son îlot, espérant sans trop y croire qu’une embarcation les sorte de là. Dans l’attente d’un éventuel départ, d’un vent nouveau qui pourrait souffler sur leur musique, ils puisent dans leur talent et dans leur sensibilité pour éviter de nous voir lasser de leur recette étoilée. Dans un disque aussi homogène, où les mélodies passent simplement du pas au trot, le plaisir d’écoute ne tient plus que sur l’imaginaire et les sentiments ponctuels de l’auditeur: un regard d’enfant dans lequel on se plonge en souriant (« Dolphins », « Super Powers », « Comets »), une complicité intense au point d’imposer le silence (« Cathedral », « Sushi », « Oh My God »), une mélodie lumineuse capable de magnifier une œuvre comme un arc-en-ciel embellit un paysage (« Dee Doo »), un couple guitare/piano touchant de modestie (« Yum Yum »), une tonalité folk inspirée et entêtante (« Mother »). Les chansons continuent de faire leur petit effet, c’est incontestable, mais ne résistent plus autant au temps qu’avant. Voir plus du tout lorsque Cocoon les habille d’une mélancolie noire et de violons mielleux (« I Will Be Gone », « Baby Seal », « In My Boat »).
Confirmation presque trop tranquille d’un savoir-faire immobile, ‘Where The Oceans End’ ne ravit peut-être pas autant qu’il aurait dû. Aussi peu commun soit-il, le mini-cocon musical construit par Morgane et Mark semble imperméable au changement. Une seule question alors se pose: combien de temps avant que la grâce Cocoon ne suffise plus à nous anesthésier agréablement? Réponse au troisième album.
Sortie: 25/10/2010
Autres chroniques: Le Hiboo – Les Inrocks
1 commentaire
album sympa des Cocoon, j’avais adoré le 1er album, là, l’effet de surprise ne fonctionnant plus, on apprécie toujours mais moins. Sinon ton lien pointe vers le site des inrocks
Laisser un commentaire