Douze chansons caressées par un coucher de soleil de Los Angeles et posées sur une vieille pellicule cinéma couleur sépia. Voilà une manière de présenter l’album solo de Medi, pot-pourri musical rétro affichant des couleurs généreuses. Avec ‘You Got Me (Moving)’, l’été débarque dès le 24 janvier.

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Le bonhomme a beau avoir attendu début 2011 pour nous faire découvrir son premier effort perso, il ne fait plus franchement office de néophyte dans le milieu de la musique. Artiste débordant de vie et musicien accompli avec dix années d’expérience dans le sac à dos (Premières parties de Duffy, Supergrass ou KT Tunstall, accompagnateur pour Charlie Winston, multi-instrumentaliste,…), Medi se devait bien de sortir son propre matos un jour ou l’autre. Vu la belle gueule du disque, il aurait bien eu tord de s’en priver. Bati sur des tubes instantanés à visages multiples, chauffés sur une grille à barbecue datée des seventies, ‘You Got Me (Moving)’ semble être le successeur naturel du bordélique et enjoué ‘Everybody’s God’ de Gush paru l’an dernier: même dimension conviviale, même pouvoir d’addiction, même énergie communicative. A ceci près que Medi range un peu mieux sa chambre que ses compères français. Situé aux confluents de la soul, de la pop, du rock et du funk, le niçois s’interdit de partir en vrille, préférant mélanger les genres pour s’éparpiller plutôt que de s’éparpiller dans tous les genres. Nuance fine mais essentielle dans la savane sauvage et  funky de cet être chaleureux suant l’humilité, qui derrière un enthousiasme un peu naïf, maîtrise son art sur le bout des doigts. Pas de chansons au dessus ou en dessous au programme, juste douze classiques entassés sur la même marche du podium prêts à décrocher la plus prestigieuse médaille.

Difficile vraiment de prendre parti pour tel ou tel morceau tant l’ensemble paraît cohérent et équilibré. Traverser ‘You Got Me (Moving)’ revient à retracer sans hiérarchie les souvenirs et anecdotes d’une vie bien remplie avec une bande de potes. Et c’est un Medi en pleine ébullition qui les raconte, avec sa voix gorgée de groove et son âme de crooner rebelle. De l’hymne soul-funk élastique « You Take The Weight » à la nostalgie contemplative de la berceuse finale « A Well Know Refrain », les minutes défilent à vitesse lumière, preuve qu’on ne s’ennuie pas. En 43 minutes 30 secondes montre en main, Medi surfe avec sa touche personnelle sur la musique américaine des années 70, passant d’un hit à un autre comme si de rien n’était, avec un optimisme à tout épreuve. Aux côtés du single détonnant « How Would You Do It » et de quelques fantaisies rock (« I Know What You Did », « Excuse My French »), les déhanchés sexy de « Like A Runaway » s’apprêtent à briser plus d’un bassin en soirées. Soirée portées par la chaleur d’un son analogique et d’un matériel plus tout neuf. Bien utile pour donner du coffre à la pop léthargique des précieux « Sooner Or Later », « Say The Word », « I’m Not Giving Up » et autres « Gone Too Far », puis carrément indispensable pour passer au vernis la mélodie motown de « The Woman I Used To Love » et la ballade héroïque « No Right Way To Say Goodbye ». Peut-être, avec le recul, les deux plus belles pièces de cet opus bourré de trésors à rabord.

Avec l’arrivée régulière de nouveaux artistes et groupes français en quête d’ailleurs – avec bien souvent l’Angleterre et l’Amérique des années 60-70 en ligne de mire – on se pose souvent les mêmes questions. Quelle part de recyclage? Quelle part de nouveauté? French touch, pas french touch? Pourquoi le choix de l’anglais? Et bien avec Medi et son album, toutes ces interrogations n’ont aucune importance. La démarche est profondément sincère, la musique profondément solaire. Le reste, who cares?

Sortie: 24/01/2011

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par Thibault F.