Immense espoir dès la sortie de son EP éponyme, James Vincent McMorrow présentera son premier album ‘Early In The Morning’ fin février. Une excursion épique et frissonnante à l’ombre d’une forêt folk guidée par le timbre de voix le plus incandescent de ces derniers mois.

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Avant de s’étendre en long et en large sur le chef d’œuvre en question, arrêtons nous d’abord sur l’ouvrier. Inconnu du grand public et pourtant en passe de devenir une icône folk dans les mois prochains, ce singer songwriter possède incontestablement un talent à part. Quelque chose de hors-norme qui lui permet de nous raconter des histoires plus obsédantes les unes que les autres dans un univers fantastique au bord du chaos. Paradoxalement, son petit monde obscur se veut plutôt rassurant. Si les arrangements, souvent ténébreux, n’invitent pas franchement à l’enthousiasme, le chant flamboyant de James Vincent McMorrow traverse les compositions comme une lumière divine. Et l’irlandais n’est pas seulement un nouvel artiste au génie précoce. C’est, comme on a pu le dire récemment pour Cascadeur, un créateur. Ses références musicales (de At The Drive In à Crosby Stills & Nash en passant par les productions hip-hop de Timbaland) n’interfèrent jamais dans son propre travail. Ou, à défaut, restent inaudibles. ‘Early In The Morning’ est un disque étiqueté folk, certes, comme des milliers d’autres disques avant lui, mais reste avant tout une œuvre d’art à part entière, poétique, onirique, avec ses propres codes, ses propres émotions et ses propres mélodies. Comprenez par là que vous n’aurez jamais entendu un disque comme celui-ci avant, ce qui n’est pas rien par les temps qui courent.

Bye Bye la joie, adieu tristesse, accueillez l’élégance et la pureté. Qu’ils soient enveloppés d’une brume épaisse ou qu’ils rencontrent brièvement quelques rayons de soleil, les morceaux de James Vincent McMorrow ont tous en commun de ne pas flirter avec des émotions banales. Consciemment ou non, il soustrait les habituels sentiments de mélancolie, de nostalgie et d’allégresse à une beauté universelle qui se fiche des larmes et des sourires. ‘Early In The Morning’ est un objet musical d’une simplicité rarissime et qui se révèle profondément touchant quelque soit le contexte. Que la pluie s’abatte sur vos carreaux ou que les étoiles jouent les lanternes des cieux, l’ange britannique dirige toujours l’auditeur dans la même direction, vers des zones spirituelles de non turbulence et de paix. Des lieux où vous attend une épopée passionnante dans laquelle vous pourrez rencontrer les airs nocturnes et hantés de « Follow You Down To The Red Oak Tree » et « Early In The Morning, I’ll Come Calling », contempler les paysages irréels et dépouillés de « Hear The Noise That Moves So Soft And Low », chevaucher les porteurs de gloire « From The Woods », « We Don’t Eat » et « Down The Burning Ropes ». L’expérience sonore est incroyable d’intensité et continue grâce à la force de conviction d’un artiste facile et gracieux dans tout ce qu’il entreprend. Dans le groove pastoral énorme de « Sparrow & The Wolf », dans la noblesse de « If I Had A Boat », sur la vague seventies lumineuse de « This Old Dark Machine », voir sur des hits pop plus radiophoniques comme les entêtants « Breaking Hearts » et « And If My Heart Should Somehow Stop ».

Inutile d’y aller par quatre chemins. Avec ‘Early In The Morning’, James Vincent McMorrow propose à 2011 son premier chef d’œuvre. Une pièce folk magistrale sur tous les points, genre de huitième merveille du monde à puissance mythologique bâtie par le dieu irlandais du folk moderne.

Sortie: 28/02/2011

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par Thibault F.