
Toujours dotée de son souffle terrassant, toujours aussi crooneuse dans la voix, la jeune Adele commence déjà à souffrir des syndromes Duffy et Amy Whinehouse: des qualités vocales exceptionnelles pour quelques coups d’éclats errant sur des albums lisses et finalement assez conventionnels.
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Seulement 22 ans, deux albums dans le dos, et déjà une fâcheuse tendance à tourner en rond. Artiste respectable et sans nul doute pétrie de qualités, Adele oublie trop souvent de se battre contre la banalité. Son hymne universel ‘Hometown Glory’ et ses trop rares joyaux groovy ne couvriront pas éternellement des œuvres, soignées, joliment arrangées, mais qui manquent cruellement de fraîcheur. La comparaison avec le parcours de la blonde incendiaire Duffy ne fait que se justifier un peu plus à l’approche de ’21′. Mêmes atouts de voix, mêmes tubes catchy, et même tendance à se reposer sur ses acquis, à ne pas profiter au maximum d’aptitudes pourtant bien supérieures à la moyennes. Impossible alors de ne pas penser au talent qui se gâche, talent qui se confine et se compresse le plus souvent dans des ballades pop & soul sans vrai dénivelé, et droites comme des autoroutes. La tiédeur de l’ensemble passe encore à la première écoute, si tant est qu’on ait été sevré assez longtemps des pirouettes vocales de la britannique, mais devient très vite synonyme d’ennui une fois l’expérience renouvelée. Et on accepte d’autant plus mal la présence en surnombre de ces complaintes seventies – par ailleurs plus pompeuses que bien recyclées – que chaque montée en puissance chez Adele cloute l’arrière train au sol. Faut-il encore que les mélodies suivent le rythme.
Heureusement pour ’21′, il arrive quand même que la chanteuse au timbre d’or décolle de son trône de pour faire autre chose que de la récitation scolaire sous morphine. Quitte à s’échapper de son royaume et rejoindre celui de Amy Macdonald, imitant pour le coup à merveille ses chevauchées power-pop désinvoltes et férocement épiques avec « Set Fire To The Rain ». On approche peut-être de la caricature des chanteuses populaires en manque de tube, mais la puissance trop souvent contenue de l’artiste anglaise a au moins le mérite d’être rentabilisée. Ce qui est trop peu le cas lorsqu’elle se cantonne entièrement à son registre plus soul. A l’exception de « Rolling In The Deep », single cogneur efficace, et « Rumor Has It », qui groove à mort dans son emballage bluesy, ce nouvel album manque encore de secousses, de bulles gazeuses. On préfère l’Adele pétillante à l’Adele qui s’exile avec son piano ou sa guitare pour faire pleurer dans les chaumières comme tout le monde. Son atout principal – oui, son chant – sauvera bien ce qu’il peut sur les tristounets « Someone Like You », « Lovesong » et « Turning Tables », mais l’exploit ne sera pas renouvelé sur les compositions impersonnelles qui suivent. Oui, car quand la diva londonienne n’a pas plus d’idées, elle copie d’un peu trop près ses voisines de classes. A vous de voir alors si vous préférez Adele habillée du costume funk de Duffy (« One And Only », « I’ll Be Waiting ») ou travestie en Alicia Keys (« He Won’t Go », « Take It All »).
Pas désagréable en fond sonore, le dernier effort d’Adele supporte mal une écoute à peine attentive. Parce que régulièrement présentée comme une sensation outre-manche, mise en avant pour son twist vocal, ses tubes à résonance planétaire, on en oublierait presque tout le reste. A savoir deux albums sans grand intérêt qui survivent un peu facilement dans l’opinion publique pour les raisons précédemment citées. Dommage.
Sortie: 24 Janvier 2011
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10 commentaires
j’ai entendu le single l’autre jour sur france inter, j’ai trouvé ça assez pénible.
ou encore le syndrome Sade, modifié Norah Jones ^^
je trouvais déjà « 19″ assez lisse et propret. dommage, en live et en quasi solo elle avait donné à voir de jolis moments il y a 3 ans.
en totu cas merci, tu m’épargnes une écoute
Pour ma part j’ai lu la critique en entier, bien que rébarbative, et je ne suis pas d’accords avec celle ci.
Adele a un talent monstre, comme aime où qu’on aime pas ont ne peux le nier et dire qu’elle calque sur ses consoeurs et un peu gros, de même que de dire que ses chansons sont banales.
Depuis l’album 19 ont sent une réelle progression avec l’album 21 qui est plus abouti, beaucoup plus mature, plus affirmé et musicalement plus « grand ».
Ah et comparé Set Fire To The Rain à une chanson de Amy Macdonald est grotesque. Mais bon les goûts et les couleurs.
Cette album mérite d’être écouter
@DaDa: La chronique (en anglais) que j’ai linké dans Autres chroniques est totalement d’accord avec toi. En tout cas, pour une fois que quelqu’un qui n’est pas d’accord avec moi arrive poliment, je ne vais pas m’en plaindre.
lol Je t’en pris
Ça t’empêche pas d’être fan de mon blog sur Facebook et de faire de belles photos en plus
Malgré que je ne sois pas d’accords avec toi sur l’album, ça n’empêche que c’est plutôt agréable à lire et étant féru de musique si je peux découvrir de nouvelles choses grâce à toi je prend
et merci pour les photos ^_^
c’est rare mais pour ma part je suis pas tellement d’accord ac toi ^^ apres vraiment plusieur écoute je trouve que son album 21 est mieu finis que 19 surement parce que Adele est plus mature , meme si pour ma part j’ai une petite preference 19 je pense qu’il merite de s’y attarder
mais comme on dis souvent les gout sa ne se discute pas ^^
J’aime beaucoup la trajectoire qu’elle a pris sur cet album, même si ça manque de variété musicale.
Les comparaisons ne tiennent pas vraiment la route.
[...] La Quenelle Culturelle [...]
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