
Retour en grâce et aux sources pour le voltigeur anglais Damon Cough, exilé sur une île astrale le temps de composer le premier volet d’une trilogie pop qui promet d’être gracieuse et passionnante.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.
Les années ont passé et son statut de génie s’est progressivement érodé. Auréolé d’un mercury prize dès la sortie de son premier album The Hour Of The Bewilderbeast, alors en passe de devenir un songwriter connu et reconnu, Badly Drawn Boy s’est depuis perdu sur le chemin piégé du succès. L’artiste culte de la presse anglaise a laissé sa place à un artiste discret habitué depuis maintenant pas mal de temps à travailler dans l’ombre, à subir en partie l’ignorance des médias. Des circonstances qui ne l’ont jamais empêché de rester productif puisque le bonhomme compte quand même quatre albums studios et deux bandes originales de films dans son bagage, auxquels vient désormais s’ajouter It’s What I’m Thinking (Part One – Photographing Snowflakes). Probablement la plus jolie preuve de vie envoyée par Cough à tous ceux qui l’avaient collé au placard. Le mancunien fabrique en artisan ses chansons étoilées, faisant confiance à son feeling et son talent pour les métamorphoser en pépites sonores enchanteresses. Dépouillé pour l’essentiel, même si magistralement mis en valeur par la production de spationaute made in Stephen Hilton, ce dernier opus remet son géniteur dans le bon sens de la marche. Inspiré, relâché, songeur, Badly Drawn Boy retrouve son meilleur niveau au moment d’entamer sa trilogie.
Au sein d’un album parfaitement fluide et homogène, l’anglais démontre sa forme olympienne dans ses temps les plus faibles. Même pataugeant dans des compos aériennes à priori trop caramélisés (« This Electric ») – genre de tubes en marbre pour bar branché – Cough fait parler sa finesse et son sens de la mélodie pour nous faire chavirer. Ce qui aurait pu être l’unique sans-faute d’une tracklist équilibrée ressemble finalement à un morceau glissant et doux comme du Café Del Mar. Moins doux, plus spectral, le single « Too Many Miracles » propulse le disque vers des horizons vastes, fleuris, éclairés par la lumière du crépuscule. En apesanteur entre les comètes, le songwriter, éblouissant, livre les faces pop (« A Pure Accident », « You Lied », « In Order Of Things », « What Tomorrow Brings ») des confidences folk tirées du dernier Malcolm Middleton, avant de basculer lui-même vers le folk et le blues, devenant, dans un brouillard de guitares steel, space cowboy comme Spike Spiegel (‘It’s What I’m Thinking »). Une escapade de courte durée avant un retour définitif vers son registre favori, décliné en ballades hantées (« In Safe Hands »), en hymnes amoureux (« I Saw You Walk Away ») et autres bricolages galactiques à refrains imparables (« This Beautiful Idea »).
Concis, cohérent , soigné et ô combien envoûtant, It’s What I’m Thinking (Part One – Photographing Snowflakes) marque la renaissance de Badly Drawn Boy. A nouveau créatif et fin mélodiste, le prodige britannique peut désormais espérer sortir de l’ombre et redevenir l’artiste emblématique qu’il incarnait au début des années 2000.
Sortie le 17.01.2011
2 commentaires
La première partie de l’album est absolument magnifique, la seconde juste bien. Après, pas sûr que cet album lui permette de sortir de l’ombre, mais pourtant il le mérite largement.
Merde, je dois passer à coté du truc mais j’ai trouvé tout ça doucement brouillon, cette voix qui résonne constamment sur chaque piste, c’est d’un lassant. Les enregistrements dans les églises, ça a jamais été mon truc…
M’enfin surtout j’en suis à 5-6 écoutes et j’ai toujours pas une seule mélodie qui me reste en tête.
C’est loin d’être mauvais, faut pas déconner, mais je suis pas touché, y’a pas de magie, c’est mou-mou, ça manque de personnalité.
Laisser un commentaire