Que peut-on attendre du premier LP des Littles Comets? Réponse: la meilleure alternative actuelle au rock lâche et nonchalant des jeunots américains Hockey.

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De la fougue, des cheveux gras, des mélodies indie vernies et trempées dans la hype. Un beau programme réservé à tous ceux qui portent un goût immodéré pour les Temper Trap, les Hockey ou les Mystery Jets. Un cauchemar supplémentaire pour tous les allergiques aux groupes à bandeaux, converses et t-shirts colorés. Les Littles Comets ont beau ne pas sentir simplement le neuf et la drogue comme MGMT – comprendre avoir des idées et un peu plus de maîtrise – ils ne rendront pas fou la terre entière. Pour cause, le filon rock-à-la-mode que suit le quatuor anglais commence un peu à lasser tout le monde. Ce rock lisse et brillant comme le crâne de Mr. Propre, bourrées de compositions élastiques griffées par des guitares en cristal et portées par des beats catchy. Ce rock prévisible, millimétré, qui s’immisce de plus en plus dans les playlists de soirées, entre l’eurodance de Kesha et le dernier hit des Black Eyed Peas. Ce rock là, apprécié par la jeunesse pour son groove immédiat, détesté par les autres pour son son trop propret et ses structures banales. Problème: pas évident de résister à la vague fashion de cette musique là, surtout lorsqu’on y ajoute le talent. In Search of Elusive Little Comets tabasse, c’est un fait.

L’album ne dévoile rien de bien impressionnant: onze pistes ne dépassant pas les quatre minutes, une majorité d’hybrides pop-rock taillés pour les dancefloor, une impression d’en faire des tonnes pour pas grand chose, et une étiquette, celle de Columbia Records, sans doute le détail le plus énervant pour le type qui se préoccupe encore des étiquettes – Diable Major contre Ange Indie. A part ça, solides sur leurs jambes sans être géniaux, les petites comètes britanniques font de bonnes choses avec presque rien: quelques méga-tubes, par exemple (« Dancing Song, « Lost Time », « One Night In October », « Adultery »), parmi lesquels on retrouvera les convulsions furieuses de la pétillante « Joanna ». Des refrains mélancoliques aussi, perdus dans le brouillard de l’Angleterre ( » Darling Alistair », « Isles »), des accords de guitare romantiques perdus en gondole dans une nuit vénitienne (« Her Black Eyes »), et des hymnes pop excentriques délicieusement sucrés (« Tricolour »). La troupe met du coeur à l’ouvrage, de la fougue, et se voit logiquement récompensé de ses efforts. Reste désormais à grandir, histoire d’éviter d’inclure de faces B dans sa tracklist (« Mathilda ») et de ne plus jamais conclure un album sur une complainte à la Elton John (« Intelligent Animals »).

In Search Of Elusive Little Comets remplit parfaitement son rôle, à savoir celui d’être un très bon disque indie-rock, à condition d’être consommé modérément. Du tube qui décoiffe et quelques fulgurances, de temps en temps, on n’en demande pas plus.

Sortie le 31.01.2011

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par Thibault F.