Anesthésie générale sous contrôle du luxembourgeois Victor Ferreira et de son album Everything Could Be Fine. Huit coulis édulcorés de chillwave-pop au planning, et la meilleure sortie du genre depuis des mois.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Dans un milieu aussi peuplé et invariant que le chillwave, les artistes souhaitant sortir du lot ne peuvent plus s’en remettre uniquement à leur talent. Produire de jolies mélodies ensoleillées, tropicales, visqueuses, qui sentent bon les palmiers et l’orangeade, la majorité des artistes affiliés à ce registre y parviennent sans aucun mal. En revanche, ils ne sont pas des masses à proposer des albums qui résistent tranquillement au temps et aux saisons. Depuis l’excellent Summer Heart de Mike Maramag (Blackbird Blackbird) et le mini Swim prometteur de Wishing Wars, tous deux parus l’an dernier, on attendait non sans impatience une nouvelle surprise du genre. Il aura fallu attendre de nombreuses semaines et un semblant de buzz autour du nouveau projet de Victor Ferreira pour retrouver une poignée de mélodies à placer dans sa playlist. Psychédélisme, désirs d’évasion, couches mélodiques flashy et saturées, les fondations propres à la maison chillwave restent les mêmes chez Sun Glitters que chez ses concurrents. La raison du zoom réalisé sur le luxembourgeois vient de sa volonté et capacité à diffuser au sein de sa musique un panel de sonorités plutôt élargi: du shoegaze à la pop, en dose minimes, quasi imperceptibles, juste suffisantes pour se différencier intelligemment de la meute.

On a beau apprécier le travail des Teen Daze, Washed Out, et consorts, leurs morceaux apparaissent relativement kitsch et bien vite has-been devant la richesse des pistes envoyées par Victor Ferreira. Au Luxembourg, on est pas trop paillettes & confettis, pas spécialement branchés claviers qui scintillent, mais on connaît le goût du luxe. Everything Could Be Fine est une oeuvre de luxe, donc, mais surtout une oeuvre bâtie sous le signe de l’intelligence. Contrairement à une flopée d’autres disques du même registre, celui-ci offre un semblant de diversité qui le conduit, minute après minute, à être un peu plus qu’un simple souvenir d’été. Les chansons de Sun Glitters s’extirpent de l’environnement classique de la chillwave, à savoir sable chaud, mer turquoise et soleil de plomb. A l’exception du vertigineux tour de plage effectué en ouverture et clôture de l’album (« Beside Me », « Everything Could Be Fine »), l’identité sonore de l’album reste indéterminable. Idéal pour surprendre. Ferreira s’exile sur des terrains plus frais et neigeux que ses confrères, accompagnés de bijoux hypnotiques (« Love Me », « A Dragonfly In The City », « Feel It ») et de ballades astrales comme  »Softly And Slowly (ft. Rob Boak) », fortement inspirées de la pop des Stars. A la fois coloré et extrêmement flou, l’album vibre (« Too Much To Lose ») et se déroule comme une vieille pellicule de film (« Find Your Way (See) »).

A tous ceux qui souhaitent fuir les tracas du quotidien ou faire la sieste dans une musique chillwave moins référencée qu’à l’habitude et dotée d’une durée de vie largement supérieure à la moyenne, Everything Could Be Fine est fait pour vous. Il ne reste plus qu’à vous souhaiter une bonne écoute.

Sortie le 11.03.2011

INFOS | ECOUTERACHETER

Image de prévisualisation YouTube

 

par Thibault F.