Sans artifices ni faux-semblants, la rage au coeur des jours sereins, les six guerriers de Mogwai s’en sont venus faire sonner la révolte du peuple écossais, ravivant une soirée durant la fierté de l’étendard de Saint André, battant au rythme des plages atmosphériques délicates et des déflagrations électriques hypnotisantes… L’Ancienne Belgique en vibre encore !

Autant être honnête d’entrée de jeu, si le travail en studio des écossais pouvait raisonnablement le laisser présager, la prestation de Mogwai sur scène ne brille pas nécessairement par sa chaleur ni par une quelconque volonté du groupe de s’ouvrir pleinement à son auditoire. Ainsi va le parti-pris des sentiers post-rock sans véritable ligne vocale, limitant singulièrement l’échange classique qu’instaurent les hymnes chantés entre les artistes et leur public. “Thanks guys”, “cheers mates”, “it’s good to be here”… Voilà à peu près résumée la marmelade convenue que nous aura offert en tout et pour tout la bande de Glasgow, avec leurs allures d’ex-taulards, visages fermés, coupes minimalistes, barbes rebelles, et regards fiers.

Il ne s’en est pourtant pas fallu de beaucoup plus d’une première vague sonique pour qu’une indescriptible communion ne naisse, le temps pour ces rois du shoegazing de nous emporter avec eux dans leur Ecosse sauvage et fébrile, au royaume des hymnes aux indomptables éléments. Comme une invitation au voyage, les Mogwai vous baladent alors au gré de leurs contes fantastiques à travers toutes les émotions que la découverte de leur pays peuvent provoquer en vous, des matins calmes sur les étendues d’herbes rases des Highland abattues par les bourrasques glacées venues du grand nord, aux jours de tempêtes déchainant les esprits marins sur les falaises fracassées de Duncansby. Des mystères brumeux du Loch ness aux désuètes hantises médiévales du chateau de Kilchurn. Il ne vous suffit que de fermer les yeux pour laisser le groupe vous transporter à quelques centaines de kilomètres de là où vous pensiez devoir passer votre soirée. Les têtes dodelinent, comment pourraient-elles en faire autrement ?… à peine le temps pour vos oreilles de s’habituer au calme de quelques accords lancinants de guitares cristallines que les riffs puissants et lourds reprennent le dessus, viennent ravager votre ouïe et finir de vous emporter dans un tourbillon sonore bon pour vous faire planer pendant de longues minutes.

Fidèles à eux-mêmes et comme pour prolonger l’extase, c’est dans un vacarme de boucles électriques saturées que chaque membre du gang quitte finalement la scène un à un, saluant furtivement une salle abasourdie qui continuera à observer pendant quelques minutes encore des guitares jouer seule sur une estrade vidée de ses acteurs… Vibrant !
Allez, c’est décidé, prochaine destination: L’Ecosse !

Ancienne Belgique, Bruxelles

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par Antoine S.