Sorti en novembre dernier, l’EP Walker de Cascadeur annonçait sans se tromper une suite triomphale: un premier album pop qui aimante les adjectifs en ique. Ludique, atypique, onirique, et sans le moindre hic, The Human Octopus émerveille.

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Ange Alexandre Longo, univers féerique, talent hors-norme, volume II. Quatre mois à se passer Walker en boucle, quatre mois à se ronger les ongles d’impatience. Fin mars, la délivrance. Le premier LP du musicien au casque étoilé est prêt à inonder enceintes et casques audio. Un objet rare et neuf pour les néophytes, une confirmation de luxe pour les auditeurs suivant l’aventure Cascadeur depuis le départ. Chez les adeptes de l’artiste, les plus critiques regretteront peut-être le manque d’innovation et de nouveauté des nouveaux morceaux en comparaison à ceux déjà dévoilés en 2010. Les autres – sans aucune doute une majorité écrasante – seront certainement beaucoup plus cléments face à la cohérence exceptionnelle proposée par The Human Octopus, plus proche, il est vrai, d’un Walker modèle géant que d’une oeuvre réellement inédite. Peut-on, finalement, se contenter de ces compositions pop en combinaison d’astronaute, de ces lignes de chants cristalline prises sous une fumée noire, de ces arrangements ingénieux, incandescents comme la braise? Assurément, oui. Les quarante cinq minutes de musique offertes par le disque reflètent exactement ce que le néo-fan de Cascadeur était en droit d’attendre, dans l’idéal, de l’après Walker. A savoir un album original et enchanteur aussi peu perfectible que son prédécesseur miniature.

Une seule écoute de The Human Octopus, même distraite, suffit à cerner les qualités principales du disque. A commencer par la liberté qui est offerte à l’auditeur. Libre à lui de suivre l’ordre établi par la tracklist, de piocher quelques titres ou d’activer le mode de lecture aléatoire, la valeur de l’album n’en sera pas amoindrie. Ceux qui auront dévoré l’EP Walker jusqu’à plus faim – comme c’est le cas chez La Quenelle Culturelle – retourneront instinctivement vers des titres qu’ils connaissent déjà avant de se pencher sur les nouvelles compositions. On retrouve en plus du single « Walker » et de sa sublime montée en puissance la complainte spatio-pop « Meaning » et sa version alternative « Meaning (Choral Version) », « ByeBye », ses sonorités rondes et folkloriques, sans oublier « Your Shadow » et ses notes de piano qui s’abattent sur l’auditeur avec le poids d’une enclume. Reste alors à se frotter aux six autres perles étoilées, au moins aussi réussies que le reste. A l’exception de singles potentiels comme « Memories » et « Into The Wild », jolis mais un brin réchauffés, on ne résiste guère longtemps au génie de Cascadeur, toujours prêt à réaliser des prouesses en jonglant avec son manuel de chimiste. Nos esgourdes mettront du temps à se remettre de « Waitin », de ses bruitages comète façon Blitzen Trapper et de son groove lâché en plein orbite, ou de « Glam », perdu dans de séduisantes ténèbres avec ses pulsations rythmiques dignes de Fink. Et que faire, sauf s’incliner, devant les suées poétiques des riches épopées pop « Highway » et « The End »? Prier, simplement, que cet artiste en marge soit assez inspiré pour revenir avec une suite de cet acabit.

Errant dans un univers obscur et sans gravité, Cascadeur, à la fois ange et cosmonaute de la pop, est arrivé sur Terre avec un album qui magnifiera pour sûr l’année musicale 2011. Déjà artiste accompli, Alexandre Longo est en passe de devenir un personnage incontournable de la scène française et internationale dans les années à venir.

Sortie le 28.03.2011

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par Thibault F.