
Auteur de cinq albums studio en six ans, William Fitzsimmons ne bouscule pas ses habitudes de folksinger avec Gold In The Shadow: voix apaisée, mélodies aérées, saupoudrées de temps en temps d’une pincée d’électronique évoquant Iron & Wine ou The Postal Service.

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Parmi les nombreux talents folk qu’accueille l’Amérique, William Fitzsimmons n’est probablement pas celui qui fait le plus de vagues. A l’instar d’un certain Ray Lamontagne, le natif de Pennsylvanie démontre son amour pour la discrétion en bâtissant depuis plusieurs années une discographie honorable dans le feutré. Derrière un look pour le moins improbable – crâne déforesté, barbe hirsute – se cache un artiste posé, attachant, qui excelle dans la réalisation de compositions folk anesthésiques, volontairement retenues. Rythmiques parfaitement monotones, arrangements minutieux et savamment dosés, lignes de chant douces, imperturbables. Pas le programme rêvé pour bousculer les codes de la musique folk – loin de là – mais une réunion d’éléments suffisante pour assurer à Gold In The Shadow de remplir aisément son rôle: être un bon disque de folk, gracieux, relaxant, éloigné de toute ambition technique. Fitzsimmons n’a jamais été révolutionnaire et démontre, album après album, son envie de rester fidèle à sa simplicité et à sa patrie mère, nommée mélancolie. Quitte à prendre le risque de passer parfois pour un artiste lambda, mielleux, ayant trop tendance à tirer la corde de la sensibilité. Risque réel mais infime lorsque l’on possède un savoir-faire comme le sien.
En un peu moins de quarante minutes, Gold In The Shadow ne déçoit qu’une seule fois, lorsque l’humilité de son créateur se confond à une certaine facilité – le prévisible et doucereux »Lay You Break », interprété en compagnie de la charmante Leigh Nash. Car si l’on reste à l’évidence loin d’un grand disque, on apprécie son équilibre. Les berceuses neurasthéniques du compositeur barbu ne laissent jamais indifférentes ou insensibles, surtout lorsque celui-ci les habille sobrement de quelques guirlandes électroniques – les sublimes « Fade And Then Return » et « Psychastenia ». Dommage, simplement, que ces nuances électro. soient si peu nombreuses. Il reste à Fitzsimmons un sens de la mesure bien plus prononcé que chez beaucoup de ses collègues, adeptes comme lui de ce folk gris et tristounet tendant les bras à la banalité et au larmoyant. Une caractéristique lui permettant de viser toujours juste en se balançant de ballades bricolées minimalistes (« Beautiful Girl », « Wounded Head », « What Hold », « Tied To Me ») en ballades à cordes (« Bird Of Winter Prey »), de folk-songs tubesques (« The Tide Pulls From The Moon ») en mélodies plus pop et cocooniennes (« The Winter From Her Leaving »).
Sans faire de bruit, William Fiztsimmons, psychothérapeute de métier et songwriter prolifique à ses heures perdues, continue de délivrer chaque année dans un écrin de soie une poignée de chansons folk accessibles et relaxantes. Pas de quoi faire trembler la terre, juste de quoi illuminer modestement une journée à oublier.
Sortie le 28.03.2011

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