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WILD BEASTS - SMOTHER
9 mai 2011
(Domino Records)
CHRONIQUE
Les anglais Wild Beasts vont-il descendre un jour de leur nuage pop? Rien n’est moins sûr. Si l’on se réfère à leur troisième album Smother, sorti en mai, chez Domino comme d’habitude, on comprend bien que l’idée de mettre pied à terre ne fait pas parti de leur projet actuel. Depuis leur sublime recueil Two Dancers, les choses n’ont pas beaucoup évolué chez le quatuor. On s’en réjouit. Leurs dix nouvelles compositions affichent en réalité deux principales nouveautés: un tempo revu assez franchement à la baisse – n’espérez pas de nouvelles pistes baroques à la « Hooting & Howling » – et l’ajout d’une ou deux couches de froid sur des mélodies en cristal déjà pas franchement tropicales. En compensation, si on peut appeler ça compensation, le taux d’élégance, déjà largement au dessus de la moyenne, augmente de manière significative. Pour nombre de groupes venant d’outre-manche, on parle fréquemment d’une « classe so british ». Concernant les Wild Beasts, on peut parler de classe tout court, encore que le terme semble faible quand la formation se met à bâtir des arches sonores gelées comme « Loop The Loop » et « Reach A Bit Further ». Limpidité et flamboyance en maxi best-of à la carte de Smother, message reçu. Alors c’est vrai qu’on pourrait essayer de se plaindre, à regretter qu’il n’y ait que le vif-éclair « Bed Of Nails » pour évoquer les fulgurances du passé et briser l’extrême retenue de ce nouvel opus. On pourrait, oui, mais parce qu’on veut éviter la mauvaise foi, on s’abstient. Les types de Kendal commencent à connaître sur le bout des ongles la définition du mot beauté, et désormais, ne cherchent qu’à l’affiner, titre après titre. De cette complète merveille qu’est Smother, on zoomera sur les joliesses pop les plus enivrantes: « Deeper », une complainte nocturne et sauvage ressemblant comme deux gouttes d’eau à du I Am Oak, le déluge céleste « Burning », et la conclusion « End Come Too Soon », qui en sept minutes trente, assomme à coups de riffs élégiaques et d’harmonies vocales haut perchées inimitables. Sinon, d’ici la sortie d’un quatrième album, tentés de baisser le pied pour revenir à un niveau raisonnable, les Wild Beasts?
TRACKLIST
01. Lion's Share 02. Bed Of Nails 03. Deeper 04. Loop The Loop 05. Plaything 06. Invisible 07. Albatross 08. Reach A Bit Further 09. Burning 10. End Come Too Soon
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