CLOUD CONTROL
http://www.cloudcontrolband.com/
14 septembre 2011
(LE BOTANIQUE, SALLE DE LA ROTONDE, BRUXELLES)

Fort d’un premier passage courant 2011 que les habitués du Botanique qualifieront de remarqué dans le minuscule Witloof Bar, les quatre gentils énergumènes de Cloud Control repassaient par Bruxelles le 14 Septembre dernier pour continuer d’agiter devant une audience un peu plus fournie leur flatteuse étiquette de “nouveau groupe australien à ne pas manquer”. Pourtant, force est d’admettre que si la joyeuse tribu wallaby ne manque pas d’idées, elle n’en souffre pas moins de la réputation qui la précède, sans doute un peu trop lourde à porter pour un groupe qui demander assurément à mûrir encore un peu pour assumer ses ambitions.

Les Cloud Control n’ont pas froid aux yeux. Un an après la sortie de leur premier album et trois après celle de leur premier EP, les australiens ont déjà parcouru un chemin qui contenteraient plus d’un groupe débutant comme le leur. Des premières parties assurées visiblement avec succès pour Arcade Fire,Vampire WeekendSupergrass ou The Magic Numbers notamment, et une jolie tournée à travers le monde entier pour promouvoir leur première galette, on a connu pire pour lancer une carrière. L’ambition ne s’arrête pas là et les poursuit jusque dans le choix des armes qui les accompagnent sur scène: Pas moins de 5 guitares et… 18 pédales tapissant le sol pour le seul Alister Wright, leader du groupe, et 3 basses accompagnées par… 9 pédales pour Jeremy Kelshaw, bassiste de son état. La qualité d’une musique ne doit bien évidemment pas se laisser juger au simple détail de l’équipement adopté par ceux qui les magne mais l’habit ne faisant pas le moine, la tentation est forcément grande d’observer sur scène le bien-fondé et la maitrise d’un attirail aussi fourni.

La réponse n’a pas trop attendu pour se faire connaître: Les douze petites chansons (première tournée oblige) présentées par le groupe auront tout juste suffi à justifier la présence d’autant de matos. Pour la maitrise, c’est une autre histoire, car sans qu’elle remette brutalement en cause la qualité d’un concert somme toute respectable, la difficulté des comparaisons qu’elle impose aux Cloud Control tout au long de leur performance a de quoi susciter par moment la perplexité. La faute certainement à l’éparpillement musical du groupe, tantôt tenté par l’acoustique des balades pop folk à la Angus et Julia Stone, se hasardant parfois à taquiner le rock psychédélique sauce Portugal The Man, multipliant les grands écarts sans jamais sublimer un genre ni parfaitement maitriser un style. Le résultat est surprenant, parfois réussi avec quelques mélodies enlevées et des envolées rock vibrantes, parfois manqué avec quelques titres qui ne prennent pas ou une ligne de chant particulièrement faiblarde, parfois simplement anecdotique, ni à coté de la plaque, ni suffisamment marquante pour en garder un quelconque souvenir.

Admettons que le charisme des membres n’aide pas particulièrement à relever cette sauce un peu tiède. Difficile de leur reprocher quoi que ce soit à ce niveau, les mecs (et la demoiselle) ne rechignant pas à communiquer un peu avec le public mais, à l’image de leur front man à l’agressivité aussi menaçante qu’un petit collégien provincial le jour de sa première rentrée des classes, l’attitude ne colle pas vraiment avec l’ambition musicale recherchée.

Bref, si la performance globale reste sympathique sans qu’elle ne puisse avoir la prétention de rester dans les mémoires, elle laisse derrière elle quelques promesses et la volonté de continuer à suivre un groupe auquel il ne manque qu’une bonne dose de maturité et un soupçon de prise de risque pour motiver une réputation qui ne demande qu’à s’affirmer.

En parlant d’affirmation, mention spéciale et inévitable pour la première partie qui, elle, n’en manquait pas. Ne ratez sous aucun prétexte l’éventuel passage sous vos contrées des quatre jeunes loups du groupe ‘BRNS’ (prononcez “Brains”), jeune groupe belge à l’assurance et à la configuration assez atypique. Un batteur-chanteur un peu potache (qui prend un faux accent britannique désastreux pour parler au public) qui place la rythmique au coeur de leur univers. Des titres bruts et urgents, acérés comme des lames de rasoir, qui laissent la part belle à un groupe dans sa vraie dimension collective, où les chants scandés vous prennent aux tripes et vous laissent avec des envies d’encore. Affaire à suivre!

par Antoine S.