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ROVER - ROVER EP
3 octobre 2011
(Cinq 7 / Wagram Music)
CHRONIQUE
S’appeler Timothée Régnier, être français, chanter en anglais, vivre un temps à Manhattan, puis se faire un nom sur la scène musicale de Beyrouth au Liban, ça rend folklorique son curriculum vitae d’artiste, mais ça ne signifie pas qu’on est un crack. Comme ça ne signifie en rien qu’on n’est qu’un un tâcheron sans avenir dans le milieu. Et pour le cas de Timothée, alias Rover, il n’a suffi que d’un EP pour comprendre qu’on se rapproche plus du crack que du tâcheron. Outre une crinière sauvage et un regard félin, adjugeant à son visage cet air de lover des temps anciens, le bonhomme a du talent. Beaucoup, beaucoup, beaucoup de talent. Et une voix. Juste, aussi jolie dans le grave que dans l’aigu, aussi puissante que délicate, portant jusqu’aux cieux quatre chansons exquises dont les registres différent. Le premier coup de maître s’appelle « Aqualast » qui, sans cloner, évoque tour-à-tour Muse, Supertramp, Kansas ou les Beach Boys, au creux d’une ballade sombre magnifiée par un refrain imprévisible. Suivent « Tonight », une virée nocturne suivant une rythmique ronde, troublante, hantée, pas si éloignée d’Interpol par instants, « Birds », un héritier décomplexé du travail fantastique réalisé par David Bowie dans les années 70, et « Joy », un joyau de minimalisme pop-folk, aussi court qu’intense. Les inspirations de Rover sont si nombreuses qu’il n’est vraiment pas évident de décrire ses compositions. Le mieux reste encore de les écouter, histoire de se familiariser avec son petit monde, avant d’en tomber complètement accroc. Vivement l’album.
TRACKLIST
01. Aqualast 02. Tonight 03. Birds 04. Joy
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