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LANA DEL REY – BORN TO DIE
30 janvier 2012
(Polydor)

CHRONIQUE

Il y a deux manières de parler de Lana Del Rey. La première consiste à évoquer longuement ses lèvres siliconées, son attitude, ses prestations lives faiblardes, ses premières vidéos sensations réalisées avec les moyens du bord. On contribue alors tous volontairement ou non au buzz de ce néo-phénomène, que l’on descend assez stupidement et sans aucune logique quelques semaines après, simplement parce qu’il prend trop de place. Pourquoi pas, après tout, chacun son hobby. Sinon, on peut aussi s’arrêter un instant sur son disque Born To Die pour constater que la chanteuse américaine est bien loin de représenter l’arnaque web 2012. Le buzz a beau avoir brisé l’effet de surprise – trop de titres dévoilés et passés en boucle avant la sortie de son album – le divertissement pop proposé par Elisabeth Grant s’avère globalement honorable, alternant l’exceptionnel et le quelconque, certes, mais sans jamais passer par la case médiocre. Son timbre de velours s’accorde parfaitement à un univers sonore élégant et intéressant pour le choc stylistique qu’il provoque. Trônant au dessus d’une boîte à rythme omniprésente et d’effets rétro venus en nombre (« Blue Jeans »), Lana Del Rey évoque autant les icônes jazzy-pop gracieuses des sixties que les minettes vulgaires de 20 ans beurrées des pieds à la tête. Un contraste qui illustre à la fois les inconstances de son opus et ses séquences mémorables. Parmi elles, deux morceaux révélés au public depuis longtemps, à savoir la piste pop-ambient « Born To Die », enfouie dans les ténèbres, et le tendre « Video Games », titre romantique et aguicheur au possible joué sur le fantôme de Cat Power.  Mais aussi une poignée de pistes inédites du même acabit. Le couplet de « Diet Mountain Dew » déclenche un beat addictif et des accélérations groovy entêtantes, « Radio » réussit à tisser un lien entre la musique pop des années 60 et celle des années 2000 avec un certain charme, tandis que « Summertime Sadness » et « This Is What Makes Us Girls » bouclent un album plaisant sur des lignes de chants d’une beauté vénéneuse.

TRACKLIST

01. Born To Die
02. Off To The Races
03. Blue Jeans
04. Video Games
05. Diet Mountain Dew
06. National Anthem
07. Dark Paradise
08. Radio
09. Carmen
10. Million Dollar Men
11. Summertimes Sadness
12. This Is What Makes Us Girls

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par Thibault F.