Afrique du Sud langue : quelles langues parle-t-on dans le pays ?
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Afrique du Sud langue : quelles langues parle-t-on dans le pays ?

En Afrique du Sud, les mots changent presque aussi vite que les paysages. Sur une même route, on traverse une ville moderne, un village accroché aux collines, une réserve silencieuse ou une côte battue par le vent. Et partout, les voix racontent une histoire différente. Certaines roulent comme des pierres chaudes, d’autres claquent avec énergie, d’autres encore semblent danser entre deux éclats de rire.

Alors, quelle langue parle-t-on en Afrique du Sud ? La réponse est à l’image du pays : multiple, nuancée, parfois difficile à résumer en une seule phrase. L’Afrique du Sud compte aujourd’hui douze langues officielles. L’anglais est très présent dans la vie quotidienne et les voyages, mais il ne représente qu’une partie de la richesse linguistique sud-africaine.

Pour préparer un séjour, comprendre les habitants ou simplement écouter autrement ce pays, il est utile de connaître les principales langues parlées sur place. Car une langue n’est jamais seulement un outil pour commander un café. Elle porte une mémoire, des blessures, des habitudes et une manière singulière de regarder le monde.

Les douze langues officielles d’Afrique du Sud

La Constitution sud-africaine reconnaît douze langues officielles. Cette reconnaissance témoigne de la diversité culturelle du pays et de la volonté de donner une place aux langues longtemps marginalisées pendant la période de l’apartheid.

  • L’anglais
  • L’afrikaans
  • L’isiZulu, souvent appelé zoulou
  • L’isiXhosa, ou xhosa
  • Le sepedi, également appelé sotho du Nord
  • Le setswana, ou tswana
  • Le sesotho, ou sotho du Sud
  • Le xitsonga, ou tsonga
  • Le siSwati, ou swati
  • Le tshivenda, ou venda
  • L’isiNdebele, ou ndebele du Sud
  • La langue des signes sud-africaine, reconnue comme langue officielle depuis 2023

Cette liste peut surprendre les voyageurs habitués à associer l’Afrique du Sud à l’anglais ou à l’afrikaans. Pourtant, dans de nombreuses régions, les conversations quotidiennes se déroulent d’abord dans une langue africaine locale. L’anglais intervient ensuite, comme langue commune entre des personnes qui ne partagent pas forcément la même langue maternelle.

L’anglais, la langue la plus pratique pour voyager

Pour un voyageur francophone, l’anglais est généralement la langue la plus utile. Il est largement utilisé dans les hôtels, les restaurants, les aéroports, les agences de location de voiture, les parcs nationaux et les sites touristiques. Les panneaux routiers sont en anglais, tout comme la plupart des cartes, des applications et des informations destinées aux visiteurs.

À Johannesburg, au Cap, à Durban ou dans les grandes villes, il est rare de rencontrer une personne travaillant dans le tourisme qui ne puisse pas échanger quelques mots en anglais. Dans les villages ou les zones rurales, la situation peut être plus variable, mais un mélange d’anglais, de gestes et de sourires permet souvent de trouver son chemin.

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L’anglais sud-africain possède toutefois ses propres expressions. On entend par exemple “Howzit?”, une manière familière de dire bonjour ou de demander comment ça va. “Lekker” signifie quelque chose comme « génial », « agréable » ou « délicieux ». Un bon repas peut être lekker, une journée de route aussi, et parfois même une rencontre inattendue au bord d’un chemin.

Le mot “robot” mérite aussi l’attention du conducteur. En Afrique du Sud, il désigne un feu de circulation. Si quelqu’un vous indique de tourner après le prochain robot, inutile de chercher une machine futuriste sur le bas-côté. Il s’agit simplement du prochain feu rouge.

L’afrikaans, une langue très présente dans le paysage

L’afrikaans est l’une des langues les plus parlées d’Afrique du Sud. Il est particulièrement présent dans le Cap-Occidental, autour du Cap, dans le Cap-Nord et dans certaines régions de l’intérieur du pays. On le retrouve également en Namibie.

Cette langue descend principalement du néerlandais parlé par les colons arrivés au XVIIe siècle, mais son histoire est plus complexe. Elle s’est construite au fil des siècles au contact de langues africaines, malaises, portugaises et anglaises. Elle a été parlée par des communautés très différentes, notamment les Afrikaners, mais aussi par de nombreux habitants métis du Cap.

Pour un francophone, l’afrikaans peut parfois donner une impression familière. Certains mots rappellent le néerlandais ou l’anglais, et sa grammaire est souvent plus simple que celle du néerlandais moderne. “Dankie” signifie merci, “hallo” veut dire bonjour et “baie lekker” signifie très agréable ou très bon.

Au Cap, il n’est pas rare d’entendre une conversation passer de l’anglais à l’afrikaans, puis à une langue africaine, sans que personne ne semble y voir la moindre difficulté. Cette souplesse linguistique fait partie du quotidien. Elle rappelle que les frontières entre les langues sont parfois moins rigides que celles dessinées sur les cartes.

Le zoulou, la langue la plus parlée

L’isiZulu, généralement appelé zoulou, est la langue maternelle la plus répandue en Afrique du Sud. Elle est particulièrement importante dans la province du KwaZulu-Natal, autour de Durban et dans les terres qui s’étendent vers les montagnes du Drakensberg. Elle est également parlée dans certaines zones du Mpumalanga et du Gauteng.

Le zoulou appartient à la grande famille des langues bantoues. Sa sonorité est reconnaissable, notamment grâce à la présence de consonnes produites avec des claquements de langue. Ces clicks, comme on les appelle en anglais, sont également présents dans d’autres langues sud-africaines, mais ils ne sont pas réservés au xhosa, contrairement à une idée souvent répandue.

Quelques mots peuvent rendre les échanges plus chaleureux :

  • Sawubona : bonjour, adressé à une personne
  • Sanibonani : bonjour, adressé à plusieurs personnes
  • Ngiyabonga : merci
  • Yebo : oui
  • Hamba kahle : partez bien, au revoir à la personne qui s’en va
  • Sala kahle : restez bien, au revoir à la personne qui reste

Prononcer parfaitement ces mots demande un peu de pratique. Mais l’effort compte souvent davantage que la perfection. Un salut tenté avec respect ouvre parfois une conversation que l’anglais n’aurait pas suffi à créer.

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Le xhosa, la langue de l’Est et des grands horizons

L’isiXhosa, ou xhosa, est principalement parlé dans le Cap-Oriental et dans certaines parties du Cap-Occidental. On l’entend notamment à Gqeberha, dans les villages de la Wild Coast, autour d’East London et dans plusieurs quartiers du Cap.

Le xhosa est connu pour ses sons de claquement, mais aussi pour sa musicalité. La langue semble parfois avancer par vagues, avec des intonations qui donnent aux phrases une belle amplitude. Elle est la langue maternelle de Nelson Mandela, né dans le village de Mvezo, dans l’actuel Cap-Oriental.

Pour saluer quelqu’un, on peut dire “Molo” à une personne ou “Molweni” à plusieurs. “Enkosi” signifie merci. Là encore, la prononciation ne sera pas forcément parfaite lors d’un premier voyage. Ce n’est pas grave. Les habitants savent reconnaître l’intention derrière l’accent du visiteur.

En parcourant la Wild Coast, entre les falaises vertes, les plages désertes et les routes parfois cahoteuses, on comprend combien la langue s’enracine dans un territoire. Les mots semblent porter le vent de l’océan, les histoires des anciens et la patience des villages éloignés des grands circuits touristiques.

Les langues sotho et tswana dans l’intérieur du pays

Le sesotho, le sepedi et le setswana sont trois langues distinctes, même si elles appartiennent à un ensemble linguistique proche. Elles sont très présentes dans les régions intérieures de l’Afrique du Sud.

Le sesotho, ou sotho du Sud, est particulièrement parlé dans la province du Free State et dans certaines zones du Gauteng. Il est aussi la langue officielle du Lesotho voisin, ce petit royaume montagneux entièrement enclavé dans l’Afrique du Sud.

Le sepedi, parfois appelé sotho du Nord, est surtout présent dans le Limpopo et dans certaines parties du Gauteng. Le setswana domine notamment dans le Nord-Ouest et il est également largement parlé au Botswana.

Ces langues se rencontrent souvent dans les villes, les marchés et les transports. Johannesburg, immense carrefour humain, rassemble des locuteurs venus de toutes les provinces. Dans un même taxi collectif, on peut entendre plusieurs langues se croiser, chacune ajoutant sa couleur à la conversation.

Des langues moins connues, mais bien vivantes

Le siSwati est principalement parlé dans le Mpumalanga, près de la frontière avec l’Eswatini. Le tshivenda est surtout présent dans le nord du Limpopo, à proximité du Zimbabwe. Le xitsonga se rencontre également dans le Limpopo et le Mpumalanga, ainsi qu’au Mozambique et au Zimbabwe voisins.

L’isiNdebele, quant à lui, est parlé principalement dans le Mpumalanga et le Gauteng. Il ne faut pas le confondre avec les différentes variétés de ndebele parlées au Zimbabwe. Les langues d’Afrique australe forment une mosaïque complexe, modelée par les migrations, les échanges et les frontières héritées de l’histoire coloniale.

Dans certaines régions, les habitants comprennent plusieurs langues sans forcément les parler toutes couramment. Un chauffeur de taxi peut passer du zoulou à l’anglais, puis comprendre quelques mots de sotho ou de xitsonga. Cette capacité à naviguer entre les langues est une compétence quotidienne, presque invisible pour les visiteurs de passage.

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Pourquoi l’Afrique du Sud compte-t-elle autant de langues ?

La diversité linguistique sud-africaine s’explique par la présence de nombreux peuples et royaumes, par les migrations anciennes, par les échanges avec les pays voisins et par l’histoire coloniale. Les langues ne se sont pas développées derrière des frontières étanches. Elles ont voyagé avec les familles, les commerçants, les travailleurs et les communautés déplacées.

L’apartheid a profondément marqué cette histoire. Le régime a utilisé la langue et l’ethnicité pour diviser la population et organiser la ségrégation. L’afrikaans, notamment, reste associé pour beaucoup à une période douloureuse, même si cette langue appartient aujourd’hui à des communautés très diverses.

Après 1994, la reconnaissance de plusieurs langues officielles a représenté un geste politique et symbolique majeur. Il s’agissait de ne plus présenter une seule langue comme supérieure aux autres. Dans les faits, l’anglais conserve une place centrale dans l’administration, l’enseignement supérieur et l’économie, mais les langues locales demeurent essentielles dans la vie familiale et communautaire.

Quelle langue utiliser pendant un voyage en Afrique du Sud ?

Pour un séjour classique, l’anglais suffit dans la majorité des situations pratiques. Il est néanmoins intéressant d’adapter quelques mots à la région visitée. Au KwaZulu-Natal, tenter un sawubona sera apprécié. Dans le Cap-Occidental, un dankie peut être un joli clin d’œil. Dans le Cap-Oriental, molo permet d’entrer en contact avec les habitants autrement qu’en demandant simplement son chemin.

Quelques conseils peuvent faciliter les échanges :

  • Apprenez deux ou trois formules de politesse dans la langue dominante de la région.
  • Utilisez l’anglais pour les informations précises, les réservations et les situations administratives.
  • Ne supposez pas qu’une personne noire parle forcément zoulou ou xhosa.
  • Demandez avec simplicité quelle langue votre interlocuteur préfère utiliser.
  • Évitez de plaisanter sur l’accent ou la prononciation d’une langue que vous ne connaissez pas.
  • Dans les zones rurales, gardez une adresse écrite et une carte hors ligne, même si vous parlez anglais.

La plupart des Sud-Africains sont habitués aux visiteurs étrangers. Ils savent que l’on peut hésiter devant un nom de ville, un mot xhosa ou un panneau en afrikaans. L’essentiel est de rester attentif, respectueux et curieux. Un voyage n’est pas un examen de langue : c’est une invitation à écouter.

Quelques mots à retenir avant de partir

Voici un petit carnet de poche linguistique, imparfait mais utile. Les prononciations peuvent varier et les sons de certaines langues demandent un véritable apprentissage.

  • Hello : bonjour en anglais
  • Howzit? : salut, comment ça va ?
  • Dankie : merci en afrikaans
  • Baie dankie : merci beaucoup en afrikaans
  • Sawubona : bonjour en zoulou
  • Ngiyabonga : merci en zoulou
  • Molo : bonjour en xhosa
  • Enkosi : merci en xhosa
  • Ke a leboha : merci en sesotho
  • Ee : oui dans plusieurs langues de la région, selon le contexte

On peut voyager en Afrique du Sud sans parler aucune de ces langues. Mais en retenir quelques-unes change la façon de traverser le pays. Le paysage cesse d’être une simple succession de panoramas grandioses. Il devient une présence habitée, traversée de voix, de souvenirs et de silences.

Au bord d’une route du KwaZulu-Natal, dans une gare de Johannesburg ou devant une boulangerie du Cap, il suffit parfois d’un mot maladroit pour que le visage en face s’éclaire. Alors, pendant quelques secondes, la distance entre le visiteur et le pays se réduit. Et l’on comprend que les langues, même lorsqu’on ne les maîtrise pas, savent déjà nous conduire quelque part.