Site icon Blog Voyage

Islande animaux : les espèces fascinantes à observer lors de votre voyage

Islande animaux : les espèces fascinantes à observer lors de votre voyage

Islande animaux : les espèces fascinantes à observer lors de votre voyage

En Islande, la terre semble parfois avoir été dessinée avant les hommes. Des champs de lave noire s’étendent jusqu’à l’océan, les glaciers accrochent la lumière et les falaises plongent dans une mer souvent agitée. Dans ce décor presque irréel, les animaux ne sont jamais très loin. Il faut simplement apprendre à regarder : une silhouette dans les herbes, un souffle au large, un battement d’ailes au-dessus d’une falaise.

Observer les animaux en Islande, ce n’est pas seulement cocher quelques espèces sur un carnet. C’est accepter de ralentir, de patienter face au vent, de laisser le paysage nous apprivoiser. Des macareux moines aux baleines à bosse, des chevaux islandais aux renards arctiques, l’île offre une faune singulière, parfaitement adaptée à un environnement aussi spectaculaire qu’exigeant.

Le macareux moine, petit prince des falaises islandaises

S’il existe un animal emblématique de l’Islande, le macareux moine occupe une place de choix. Avec son bec coloré, son ventre blanc et sa démarche un peu maladroite, il semble tout droit sorti d’un conte nordique. Sur l’eau, il paraît tranquille. Dans les airs, ses ailes battent avec une énergie surprenante, comme s’il devait négocier chaque centimètre avec le vent.

Les macareux arrivent en Islande au printemps pour se reproduire. Ils creusent leur terrier dans les sols herbeux des falaises et des îlots, puis repartent vers le large à la fin de l’été. Leur présence est donc saisonnière, ce qui rend une rencontre encore plus précieuse.

Plusieurs sites permettent de les observer dans de bonnes conditions :

La meilleure période s’étend généralement de mai à août. Il faut toutefois respecter les restrictions locales, car certaines falaises sont fermées pour protéger les nids. Un téléobjectif est utile, mais la patience l’est davantage. Le macareux n’a que faire de votre programme de voyage : il surgira quand bon lui semblera, souvent juste après que vous aurez rangé votre appareil.

Les baleines, géantes tranquilles des fjords

Au large de l’Islande, une autre forme de vie impose le silence. Les baleines fréquentent les eaux riches en poissons qui entourent l’île, et les excursions en bateau permettent d’observer plusieurs espèces dans leur milieu naturel.

La baleine à bosse est l’une des plus souvent rencontrées. Elle se reconnaît à ses longues nageoires pectorales, à ses bonds parfois spectaculaires et à la gerbe d’eau qui accompagne son souffle. Il arrive qu’elle plonge lentement, dévoilant sa queue avant de disparaître dans les profondeurs. Ce geste simple possède une puissance presque solennelle. Pendant quelques secondes, on ne pense plus à rien d’autre.

Les excursions partent notamment de Húsavík, souvent surnommée la capitale islandaise de l’observation des baleines, mais aussi d’Akureyri, de Reykjavík et de la péninsule de Snæfellsnes. Selon la région et la saison, il est possible de voir :

La période la plus favorable se situe entre avril et octobre, avec une activité souvent importante durant les mois d’été. La météo islandaise reste imprévisible : une mer calme le matin peut devenir houleuse quelques heures plus tard. Prévoyez des vêtements chauds et imperméables, même en juillet. Le mal de mer, lui, ne se laisse impressionner ni par les paysages ni par les prévisions.

Choisissez de préférence une compagnie engagée dans une observation respectueuse. Les bateaux doivent conserver une distance suffisante avec les animaux et éviter de les encercler. Une rencontre réussie n’est pas celle où l’on obtient la photo la plus proche, mais celle où l’animal continue sa route sans avoir été dérangé.

Le cheval islandais, compagnon des terres ouvertes

Le cheval islandais accompagne l’histoire du pays depuis l’arrivée des premiers colons nordiques. Plus petit que beaucoup de chevaux européens, il est pourtant robuste, endurant et parfaitement adapté aux longues traversées sur les terrains volcaniques. Sa crinière épaisse se soulève dans le vent et lui donne parfois l’allure d’un personnage échappé d’une saga.

Ne le confondez pas avec un poney : en Islande, cette appellation est généralement mal accueillie. Le cheval islandais possède également une particularité remarquable : il maîtrise cinq allures, dont le tölt, une allure confortable et régulière, et le skeið, ou amble volant, réservé aux chevaux les plus rapides.

On en croise un peu partout lors d’un road trip. Ils vivent souvent dans de grands enclos, près des routes ou au pied des montagnes. Leur robe peut être alezane, noire, grise, blanche, pie ou encore composée de nuances étonnantes. Le mot islandais fjölbreytt, qui évoque la diversité, leur conviendrait parfaitement.

Pour approcher un cheval, restez toujours à distance de la clôture et demandez l’autorisation si vous souhaitez le caresser ou le nourrir. Évitez de vous placer derrière lui : même le plus placide des chevaux demeure un animal puissant. Une randonnée accompagnée par un guide local permet de découvrir cette relation particulière entre les Islandais et leurs chevaux, sans réduire l’expérience à une simple attraction touristique.

Le renard arctique, discret habitant des terres sauvages

Bien avant les chevaux importés par les colons, le renard arctique vivait déjà en Islande. Il est le seul mammifère terrestre natif de l’île. Son histoire se confond avec celle des paysages les plus reculés : falaises battues par les tempêtes, vallées désertes, plages de galets et montagnes couvertes de neige.

Le renard arctique change de pelage selon la saison. En hiver, certains individus deviennent presque blancs, tandis que d’autres conservent une teinte brune ou bleutée. En été, leur fourrure plus sombre les aide à se fondre dans les roches et la végétation. Cette capacité d’adaptation lui permet de survivre dans un climat où l’hiver ne fait pas semblant.

L’observer demande beaucoup de chance. Les fjords de l’Ouest, en particulier la réserve naturelle de Hornstrandir, constituent l’un des meilleurs endroits pour espérer l’apercevoir. La région est isolée et accessible principalement en bateau durant la belle saison. Ici, les renards sont moins habitués à la présence humaine et peuvent parfois s’approcher avec curiosité.

Il ne faut jamais tenter de nourrir un renard sauvage. Même s’il semble inoffensif, cette habitude modifie son comportement et peut le mettre en danger. Une rencontre véritable se mesure à la distance respectée, pas à la proximité de l’animal.

Les phoques sur les côtes et dans les lagunes

Sur les côtes islandaises, les phoques apparaissent parfois comme de petites îles vivantes posées sur un rocher. Ils se reposent sur les plages, les bancs de sable ou les récifs, puis glissent dans l’eau avec une facilité qui ferait presque oublier leur allure pataude sur la terre ferme.

Les deux espèces les plus communes sont le phoque commun et le phoque gris. Le premier possède une tête arrondie et fréquente de nombreux secteurs côtiers. Le second, plus imposant, présente un museau allongé et peut atteindre une taille impressionnante.

La lagune de Jökulsárlón offre parfois l’occasion de voir des phoques entre les icebergs. Ils peuvent aussi être observés dans la baie voisine de Breiðamerkursandur, ou près de la péninsule de Vatnsnes, dans le nord-ouest. Le site de Hvítserkur est notamment connu pour ses colonies de phoques, visibles depuis les points d’observation aménagés.

Approchez-vous lentement et ne cherchez pas à les faire entrer dans l’eau. Un phoque qui se repose n’est pas un animal en difficulté. Il reprend simplement des forces entre deux périodes de chasse. Comme souvent en Islande, le meilleur comportement consiste à ne rien brusquer.

Les oiseaux marins, une vie suspendue aux falaises

Les falaises islandaises abritent une multitude d’oiseaux marins. À Látrabjarg, sur plusieurs kilomètres, les parois semblent vibrer sous les cris, les battements d’ailes et les allées et venues incessantes. Fulmars boréaux, guillemots de Troïl, mouettes tridactyles et petits pingouins composent un monde aérien particulièrement vivant.

Le guillemot de Troïl se rassemble en colonies denses sur les corniches. Le fulmar boréal, lui, plane avec une élégance presque insolente au-dessus des vagues. Il possède toutefois une arme défensive peu poétique : lorsqu’il se sent menacé, il peut projeter une substance huileuse depuis son estomac. Mieux vaut éviter de s’approcher trop brusquement.

Les falaises de Látrabjarg sont impressionnantes, mais elles demandent une grande prudence. Les bords peuvent être friables et le vent très violent. Ne vous approchez pas du précipice pour obtenir une photographie parfaite. Les oiseaux, eux, n’apprécient guère les voyageurs transformés en équilibristes.

Le renne, silhouette des montagnes de l’Est

Le renne est le seul cervidé sauvage d’Islande. On le rencontre principalement dans l’est du pays, autour des montagnes et des plateaux de la région de Snæfell. Contrairement à d’autres animaux islandais, il n’est pas présent sur l’ensemble du territoire.

Les troupeaux se déplacent selon les saisons. En été, ils gagnent les hauteurs pour profiter des pâturages. En hiver, ils descendent vers des zones plus abritées. Les bois des mâles sont imposants, mais les femelles en portent également, ce qui distingue le renne de la plupart des autres cervidés.

L’observation reste aléatoire. Il faut parfois parcourir de longues routes sans rien voir, puis apercevoir soudain une ligne sombre sur une pente. Les jumelles sont indispensables. Gardez vos distances, surtout si vous conduisez : les animaux peuvent traverser la route sans prévenir, dans une indifférence totale à votre itinéraire autour de l’île.

Les animaux marins à observer avec respect

Autour de l’Islande, la richesse animale ne se limite pas aux grands mammifères. Les eaux froides accueillent de nombreuses espèces de poissons, des oiseaux plongeurs et parfois des requins du Groenland, créatures anciennes dont la présence rappelle que l’océan conserve encore bien des mystères.

Lors d’une sortie en mer, vous pourrez aussi croiser des sternes arctiques. Ces oiseaux effectuent l’une des migrations les plus extraordinaires du monde, reliant les régions arctiques et antarctiques. Leur voyage annuel couvre des dizaines de milliers de kilomètres. À côté d’eux, nos propres déplacements semblent soudain modestes : même un tour de l’Islande paraît presque raisonnable.

Les eaux islandaises sont également importantes pour la pêche et l’équilibre des écosystèmes marins. Privilégiez les opérateurs qui expliquent les enjeux de conservation, limitent la durée des sorties et adoptent une approche responsable. La rencontre avec la faune doit rester un échange silencieux, jamais une prise de possession.

Quand partir pour observer les animaux en Islande ?

La période du voyage dépend des espèces que vous souhaitez rencontrer. L’été offre les journées les plus longues et les meilleures conditions pour observer les macareux, les baleines, les chevaux et les oiseaux marins. De juin à août, le soleil de minuit prolonge les heures d’exploration et permet de parcourir les côtes dans une lumière douce.

Le printemps et l’automne sont plus calmes, mais la météo peut compliquer les déplacements. L’hiver transforme le pays en décor blanc et silencieux. Les oiseaux migrateurs sont moins nombreux, mais le renard arctique peut être observé avec son pelage hivernal. Les aurores boréales ajoutent alors une dimension presque irréelle aux paysages.

Quelques règles pour une observation responsable

La faune islandaise évolue dans un environnement fragile. La végétation pousse lentement, les colonies d’oiseaux sont vulnérables et les zones de nidification peuvent être facilement perturbées. Quelques gestes simples permettent de voyager sans laisser une empreinte trop lourde :

En Islande, la nature paraît immense, mais elle n’est pas invulnérable. Chaque terrier de macareux, chaque plage fréquentée par les phoques et chaque falaise occupée par les oiseaux appartient à un équilibre ancien. Le voyageur n’y est qu’un visiteur de passage, avec cette chance rare de contempler un monde qui existait avant lui et continuera, espérons-le, bien après son départ.

Alors, faut-il partir en Islande pour voir des animaux ? Oui, mais surtout pour apprendre à les chercher sans les déranger. Dans le souffle d’une baleine, le regard d’un cheval au bord d’une route ou le vol d’un macareux au-dessus de l’Atlantique, il y a davantage qu’une image à rapporter. Il y a une manière de se souvenir que la Terre demeure habitée de mystères, même lorsque nous croyons la connaître.

Quitter la version mobile