Où voir les pingouins en Islande : les meilleurs endroits pour les observer
On part souvent en Islande avec une image en tête : celle d’un petit oiseau noir et blanc, posé sur une falaise, qui semble attendre le bateau comme un vieux marin. Mais une fois sur place, une question revient vite : où voir les pingouins ? La réponse mérite une petite précision de vocabulaire — et réserve une belle surprise à ceux qui rêvaient surtout de becs colorés.
En français, le pingouin vit dans l’hémisphère Nord. Celui que l’on imagine généralement, incapable de voler et marchant d’un pas solennel sur la banquise, est en réalité un manchot. En Islande, on peut bien observer des pingouins, notamment le pingouin torda, mais les oiseaux que les voyageurs espèrent le plus souvent apercevoir sont les macareux moines. Eux aussi sont noirs et blancs, mais leur bec éclatant les rend impossibles à confondre.
Voici les meilleurs endroits où les observer, ainsi que quelques conseils pour les approcher sans transformer leur refuge en piste de promenade.
Pingouin, manchot, macareux : qui trouve-t-on vraiment en Islande ?
Le pingouin torda, parfois appelé petit pingouin, est bien présent dans l’Atlantique Nord. Il niche en Islande, souvent sur des corniches rocheuses, aux côtés d’autres oiseaux marins. Il ressemble à un petit oiseau de mer vêtu pour une cérémonie, avec son dos sombre, son ventre blanc et son bec épais marqué d’une ligne claire. Contrairement au manchot, il peut voler.
Le macareux moine, lui, est l’emblème ailé de nombreuses cartes postales islandaises. Son bec est particulièrement coloré pendant la période de reproduction. Il creuse son nid dans un terrier, souvent sur une île ou une falaise couverte d’herbe. On le voit généralement entre le printemps et la fin de l’été, quand il revient sur la terre ferme pour nicher.
Il ne faut pas non plus confondre ces oiseaux avec le grand pingouin, une espèce incapable de voler qui vivait autrefois dans l’Atlantique Nord. Le dernier couple connu a été tué au XIXe siècle, sur l’île d’Eldey, au large de la péninsule de Reykjanes. Une histoire sombre, presque irréelle, qui rappelle que les rencontres avec la faune ne sont jamais acquises.
Dans la suite de cet article, « voir les pingouins » désigne donc l’observation du pingouin torda, mais aussi, plus largement, celle des oiseaux marins islandais, en particulier du macareux moine.
Quand partir pour observer les oiseaux marins ?
La période la plus favorable s’étend généralement de mai à août. Les macareux reviennent alors nicher sur les falaises et les îles. Juin et juillet offrent souvent de belles possibilités, avec une activité importante autour des colonies. Mais la nature ne consulte pas le calendrier des vacances : les dates varient selon les lieux, la météo et les conditions de nourriture en mer.
En dehors de la saison de reproduction, les macareux passent l’essentiel de leur temps en mer. On peut alors parcourir une falaise entière sans en apercevoir un seul. Les pingouins tordas, eux, sont également liés aux colonies côtières pendant la période de nidification. Pour mettre toutes les chances de son côté, mieux vaut donc préparer son itinéraire et vérifier les informations locales avant de prendre la route.
Les premières heures du jour et la fin de l’après-midi sont souvent agréables pour observer les oiseaux, avec une lumière douce et moins de visiteurs. Mais en Islande, la météo garde le dernier mot. Une éclaircie peut ouvrir le paysage en quelques minutes ; une rafale peut vous rappeler que le vent est ici un compagnon de voyage à part entière.
Látrabjarg, les grandes falaises de l’ouest
À l’extrémité des fjords de l’Ouest, Látrabjarg forme une longue succession de falaises plongeant dans l’Atlantique. C’est l’un des sites les plus célèbres du pays pour observer les oiseaux marins. Macareux moines, pingouins tordas, guillemots et fulmars occupent les parois, chacun trouvant sa place dans ce grand immeuble de pierre battu par les vents.
Les oiseaux peuvent parfois être observés depuis les sentiers, sans jumelles, mais un objectif photographique ou une paire de jumelles permet d’apprécier les détails sans s’approcher dangereusement du bord. Les macareux ne semblent pas toujours impressionnés par la présence humaine ; cela ne signifie pas pour autant qu’ils souhaitent poser pour un portrait de famille.
Le site est isolé et l’accès peut être long. Les routes des fjords de l’Ouest demandent du temps, et certaines portions sont gravillonnées. Il est prudent de consulter les conditions routières et météorologiques avant le départ, de faire le plein quand l’occasion se présente et de ne pas sous-estimer les distances. À Látrabjarg, le voyage fait partie du spectacle : les fjords se succèdent, les maisons se font rares, et l’on finit par comprendre que l’Islande ne se laisse pas toujours traverser à la hâte.
Les îles Vestmann, un royaume de macareux
Au sud de l’Islande, l’archipel des îles Vestmann — Vestmannaeyjar en islandais — offre une autre rencontre mémorable avec les oiseaux marins. L’île principale, Heimaey, est accessible en ferry depuis le continent. Les falaises qui entourent l’archipel accueillent une importante population de macareux pendant la saison de nidification.
On peut découvrir les environs depuis les sentiers côtiers ou lors d’une excursion en bateau, selon les conditions. Depuis la mer, les falaises prennent une autre dimension : les colonies apparaissent comme des points mouvants sur la roche, tandis que les oiseaux filent au ras de l’eau, leurs ailes courtes battant à toute vitesse.
Heimaey porte aussi la mémoire d’une éruption volcanique qui a bouleversé la vie de ses habitants en 1973. La visite ne se résume donc pas aux oiseaux. On y croise aussi les traces d’une île façonnée par le feu, où la nature a changé le décor sans effacer les histoires humaines. Si vous y séjournez à la fin de l’été, renseignez-vous sur les jeunes macareux parfois désorientés par les lumières du village. Des initiatives locales aident alors à les secourir ; mieux vaut suivre les consignes des habitants et ne jamais manipuler un oiseau sans indication.
Borgarfjörður eystri, une observation accessible à l’est
Dans l’est du pays, le port de Borgarfjörður eystri est connu pour sa plateforme d’observation des macareux. Aménagée près de la colonie, elle permet de regarder les oiseaux à faible distance tout en évitant de marcher au milieu de leurs terriers. C’est une étape particulièrement pratique pour les voyageurs qui souhaitent observer les macareux sans entreprendre une longue randonnée.
Les oiseaux vont et viennent entre la mer et les falaises, souvent avec un petit poisson dans le bec. Le spectacle est simple et vivant : une arrivée maladroite, une course sur l’herbe, puis un envol soudain. On reste là un peu plus longtemps que prévu, à attendre le prochain passage. C’est une façon assez fidèle de voyager : croire que l’on ne fera qu’un arrêt, puis laisser un lieu retenir le temps.
Le village est éloigné des grands axes. Prévoyez donc cette visite dans un itinéraire qui vous laisse le loisir de profiter de la route et de ses paysages. Les conditions d’observation changent selon la saison, et la présence des oiseaux n’est jamais une promesse absolue.
Dyrhólaey, près de la côte sud
La péninsule de Dyrhólaey, non loin de Vík, est l’un des sites les plus connus du sud de l’Islande. Son arche rocheuse, ses falaises et ses points de vue sur l’océan attirent de nombreux visiteurs. Pendant la saison de reproduction, des macareux peuvent être visibles sur les pentes et les parois, tandis que les vagues viennent frapper les plages de sable noir en contrebas.
La popularité du lieu implique toutefois quelques précautions. Les accès peuvent être restreints à certaines périodes afin de protéger les oiseaux qui nichent. Les fermetures, les horaires et les zones autorisées peuvent varier d’une année à l’autre : vérifiez les informations avant de vous déplacer et respectez toujours la signalisation sur place.
Le vent peut être fort sur les hauteurs, et les bords de falaise ne sont pas des lieux où l’on s’approche pour obtenir une meilleure photographie. Gardez une distance raisonnable, surtout avec les enfants, et restez sur les chemins balisés. Un oiseau aperçu de loin demeure une belle rencontre ; un nid dérangé, lui, n’est pas une anecdote à rapporter.
Grímsey, au nord du cercle polaire
Au large de la côte nord, l’île de Grímsey est connue pour se trouver sur le cercle polaire arctique. On y accède par bateau ou par avion depuis le nord du pays. Ses falaises accueillent des colonies d’oiseaux marins, parmi lesquelles des macareux et des pingouins tordas. Pour les voyageurs qui souhaitent découvrir une Islande moins fréquentée, l’île offre une expérience singulière, entre mer ouverte, herbe rase et horizons immenses.
Les déplacements et les horaires dépendent des liaisons disponibles et des conditions météorologiques. Il faut donc prévoir une certaine souplesse : ici, la mer peut modifier un programme mieux qu’un guide de voyage. Si vous partez pour Grímsey, envisagez d’y passer assez de temps pour ne pas transformer la traversée en course contre la montre.
Ingólfshöfði, une sortie guidée au milieu des oiseaux
Ingólfshöfði, sur la côte sud-est, est un promontoire isolé où se rassemblent de nombreux oiseaux marins. L’accès se fait généralement dans le cadre d’une excursion guidée, car le terrain et les passages peuvent être difficiles. Les sorties permettent d’approcher des colonies de macareux et d’autres espèces tout en découvrant un paysage à part, balayé par le vent et entouré de plaines côtières.
Le guide connaît les zones à éviter et les conditions du jour. C’est un avantage précieux dans un environnement où un simple détour peut déranger un nid ou compliquer la marche. Réservez à l’avance en haute saison et vérifiez les conditions de départ. Les excursions ne sont pas toujours possibles lorsque le temps se gâte.
Quelques règles pour observer sans déranger
Les falaises islandaises sont des lieux de vie, pas des décors aménagés pour les visiteurs. Pour profiter de l’observation tout en protégeant les oiseaux, gardez en tête quelques réflexes simples :
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Restez sur les sentiers et derrière les barrières, même si un oiseau semble tout proche.
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Ne touchez pas aux terriers, aux nids, aux œufs ni aux oiseaux. Un macareux posé dans l’herbe n’a pas forcément besoin d’être secouru.
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Gardez vos distances et utilisez des jumelles ou un appareil photo avec un objectif adapté.
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Parlez doucement et évitez les mouvements brusques près des colonies.
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Respectez les fermetures saisonnières et les indications des habitants, des guides et des autorités locales.
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Emportez vos déchets avec vous : le vent islandais n’a pas besoin d’un souvenir en plastique.
Préparer son itinéraire d’observation
Pour une première découverte, Borgarfjörður eystri est une option accessible et bien aménagée. Dyrhólaey se prête facilement à une étape sur la côte sud, à condition de vérifier les restrictions. Les voyageurs prêts à s’éloigner des grands itinéraires pourront choisir Látrabjarg, les îles Vestmann ou Grímsey. Ingólfshöfði conviendra davantage à ceux qui préfèrent une sortie encadrée.
Dans tous les cas, prévoyez des vêtements chauds et imperméables, même en été. Le temps peut changer rapidement, et l’observation demande parfois de rester immobile un moment. Des jumelles sont utiles, mais pas indispensables : dans certains sites, les oiseaux sont suffisamment proches pour être admirés sans équipement particulier. Une batterie de téléphone chargée et une carte hors ligne peuvent également rendre service, surtout dans les régions isolées.
Voir des pingouins tordas et des macareux en Islande, c’est découvrir une vie qui se déroule à la frontière de la terre et de la mer. On observe les départs, les retours, les poissons transportés dans un bec, les ailes qui battent contre le vent. Puis la falaise retrouve son silence, et l’on reprend la route avec cette impression discrète d’avoir été admis, l’espace d’un instant, dans le quotidien d’un autre monde.


